Le ministre des Affaires étrangères d’Israël, Gideon Saar, a déclaré que le pays ne fait pas face à une pénurie de missiles intercepteurs. Cette déclaration a été faite après des publications indiquant que les stocks des systèmes de défense antimissile pourraient être à un niveau critique en raison des attaques intensives de l’Iran et de ses alliés.
Lors d’un briefing pour les journalistes étrangers, le chef du ministère des Affaires étrangères a souligné qu’Israël et les États-Unis entendent poursuivre la campagne militaire contre l’Iran jusqu’à ce que les objectifs soient atteints. Selon lui, les capacités de défense du pays restent suffisantes pour protéger la population et les infrastructures stratégiques.
Saar a également noté qu’Israël attend du gouvernement libanais des mesures concrètes pour mettre fin aux tirs de roquettes de la part du Hezbollah. Cependant, il a laissé entendre que des négociations directes avec la direction libanaise ne sont pas envisagées dans les prochains jours.
Dans ce contexte, le secteur de la défense israélien discute activement de la question du réapprovisionnement accéléré des stocks de moyens antimissiles.
Pourquoi le sujet des intercepteurs est devenu crucial pour la défense d’Israël
L’intensité des attaques a considérablement augmenté la consommation de missiles de défense antimissile
Selon des responsables américains, Israël a informé Washington que les stocks de missiles intercepteurs pour lutter contre les menaces balistiques ont considérablement diminué. Il s’agit principalement des systèmes d’interception à longue portée, destinés à détruire les missiles à longue portée.
Une partie de ces munitions a été utilisée lors de la phase précédente de la guerre avec l’Iran. À l’époque, la défense antimissile fonctionnait presque en continu, repoussant des attaques massives.
La situation est maintenant compliquée par le fait que les tirs se poursuivent simultanément depuis plusieurs directions. Les frappes proviennent non seulement d’Iran, mais aussi du Liban via l’infrastructure du Hezbollah.
Les ogives à sous-munitions créent une charge supplémentaire sur la défense antimissile
La complexité supplémentaire est créée par l’utilisation de missiles avec des ogives à sous-munitions. Ces ogives se divisent en plusieurs éléments, nécessitant un plus grand nombre d’intercepteurs pour garantir la destruction de la menace.
En conséquence, la consommation de munitions augmente plus rapidement que prévu aux premiers stades de la guerre.
Le système de défense israélien utilise plusieurs niveaux de protection. Le Dôme de fer intercepte les missiles à courte portée, l’aviation peut détruire les lanceurs, et les systèmes spécialisés de défense antimissile sont destinés à lutter contre les missiles balistiques.
Ce sont précisément ces derniers qui restent l’outil le plus efficace contre les frappes à longue portée.
Décisions d’urgence du gouvernement et augmentation des dépenses de défense
Le cabinet a approuvé d’urgence un financement supplémentaire pour l’armée
Presque immédiatement après l’apparition de rapports sur une possible pénurie d’intercepteurs, le gouvernement israélien a tenu un vote téléphonique d’urgence.
Les ministres ont approuvé une réduction budgétaire d’environ 2,6 milliards de shekels. Les fonds seront alloués à l’achat de munitions, de systèmes d’armement modernes et au réapprovisionnement des stocks critiques.
Le texte de la décision gouvernementale souligne que de telles mesures sont dictées par l’intensité des combats et la nécessité de maintenir la résilience de la défense du pays.
Les journalistes de la chaîne « Kan » ont attiré l’attention sur la rapidité inhabituelle de la prise de décision. Selon eux, de telles mesures budgétaires sont généralement préparées à l’avance, mais cette fois-ci, le vote a eu lieu presque immédiatement après l’apparition d’informations sur une possible pénurie d’intercepteurs.
De telles coïncidences montrent à quel point la situation reste tendue dans le domaine de la sécurité.
La rédaction de НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency note que les guerres modernes deviennent de plus en plus un test non seulement pour les armées, mais aussi pour les capacités de production des États : la capacité à reconstituer rapidement les stocks d’armements devient un facteur de résilience stratégique.
Le déficit des systèmes antimissiles — un problème mondial
Les États-Unis et leurs alliés consomment également activement leurs stocks
Les difficultés avec les munitions antimissiles ne sont pas seulement observées en Israël.
Selon le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), lors de la guerre de douze jours avec l’Iran l’année dernière, les forces américaines ont tiré plus de 150 intercepteurs du système THAAD. Cela représentait environ un quart de l’arsenal des États-Unis à ce moment-là.
De plus, dans les premiers jours du conflit actuel, des missiles Patriot d’une valeur d’environ 2,4 milliards de dollars ont été utilisés pour intercepter des missiles.
Le Pentagone a déjà commencé à élargir la production de composants pour les systèmes THAAD. Cependant, les experts notent que le réapprovisionnement des stocks de ces armes complexes nécessite un temps considérable.
Les pays du Golfe sont dans une position encore plus vulnérable
La situation est particulièrement difficile pour les États du Golfe.
L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et le Koweït ne produisent pas leurs propres intercepteurs et dépendent entièrement des livraisons de leurs alliés.
Selon le ministère de la Défense des Émirats arabes unis, depuis le début de la guerre, plus de 870 missiles et drones ont été tirés sur le territoire du pays. Cependant, pour détruire une cible, il faut généralement deux ou trois missiles intercepteurs.
Cela signifie que même des attaques de petite envergure peuvent rapidement épuiser les ressources défensives.
Ainsi, la question des stocks de systèmes antimissiles devient progressivement l’un des facteurs centraux de la guerre moderne au Moyen-Orient. Pour Israël, cela signifie la nécessité de mener simultanément des opérations militaires et d’accélérer la production de défense pour maintenir la résilience de l’ensemble du système de sécurité du pays.
