L’Ukraine a salué les accords entre les États-Unis et l’Iran concernant le cessez-le-feu et le déblocage du détroit d’Ormuz, mais a immédiatement fait comprendre que l’attention de Washington devait à nouveau se tourner vers la guerre russo-ukrainienne. C’est avec cette déclaration que le ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, Andriy Sybiha, s’est exprimé le 8 avril 2026, soulignant que la détermination américaine avait déjà fonctionné au Moyen-Orient et qu’il était maintenant temps de l’appliquer pour faire pression sur le Kremlin.
Pour le public israélien, ce signal est particulièrement clair. Les dernières semaines ont montré à quel point la sécurité d’Israël, la stabilité des routes énergétiques et l’agenda diplomatique autour de l’Ukraine sont étroitement liés. Alors que les États-Unis et leurs alliés étaient concentrés sur la direction iranienne, la voie de négociation concernant la guerre de la Russie contre l’Ukraine a considérablement ralenti.
Sybiha a effectivement formulé la position de Kiev de manière extrêmement directe : si Washington a pu obtenir des résultats dans l’un des nœuds les plus dangereux de la tension mondiale, alors une volonté politique similaire doit être démontrée à l’égard de Moscou.
Ce qu’a dit exactement le chef du ministère des Affaires étrangères de l’Ukraine
Selon Andriy Sybiha, l’Ukraine accueille favorablement l’accord entre le président américain Donald Trump et le régime iranien sur le déblocage du détroit d’Ormuz et le cessez-le-feu, tout en notant les efforts de médiation du Pakistan. Cependant, le ministre ukrainien a mis l’accent non pas sur la détente au Moyen-Orient elle-même, mais sur l’étape suivante.
Kiev estime qu’après cela, le moment est venu pour une pression plus ferme et cohérente sur la Russie afin de mettre fin au cessez-le-feu et de terminer la guerre contre l’Ukraine. En d’autres termes, la diplomatie ukrainienne s’efforce non seulement de soutenir la réduction des tensions autour de l’Iran, mais de transformer cet épisode en argument : la détermination internationale doit fonctionner non pas de manière sélective, mais systématiquement.
Comment le Moyen-Orient a mis en pause les négociations sur l’Ukraine
Dans le contexte de l’opération américano-israélienne contre l’Iran, les négociations sur la fin de la guerre entre la Russie et l’Ukraine ont pratiquement été reléguées au second plan. Le principal médiateur dans ce processus — les États-Unis — a été contraint de concentrer son attention sur le Moyen-Orient, où les risques d’escalade massive concernaient à la fois Israël, les approvisionnements mondiaux en pétrole et la sécurité des voies maritimes.
C’est pourquoi la déclaration de Sybiha peut être considérée non seulement comme une réaction diplomatique, mais aussi comme une tentative de ramener la question ukrainienne au centre de l’agenda international. Pour Jérusalem, c’est aussi un moment important : plus vite la tension autour de l’Iran diminuera, plus les États-Unis disposeront de ressources politiques et militaires pour d’autres crises, y compris la guerre en Europe de l’Est.
Une attention particulière est également attirée par le fait que les négociations entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que les contacts sur la ligne Russie-Ukraine, ont été menés par les mêmes représentants spéciaux américains — Jared Kushner et Steve Witkoff. Cela montre encore une fois à quel point les différentes directions de la politique étrangère de Washington sont aujourd’hui étroitement liées.
Pourquoi Kiev est irrité par le retard du processus
Le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, s’est exprimé vivement sur les tentatives de convenir d’un nouveau cycle de négociations trilatérales, qualifiant ce qui se passe de « Santa Barbara ». Selon lui, la partie américaine a demandé de reporter la réunion à une date indéterminée et a déclaré être prête à la tenir uniquement sur le territoire des États-Unis.
Moscou, selon les informations, n’a pas accepté cette option et a proposé la Turquie ou la Suisse. Déjà à ce stade, le refus est venu de la part des Américains. En conséquence, la construction diplomatique est à nouveau suspendue, et l’Ukraine elle-même se retrouve dans une position où elle doit accepter presque toutes les plateformes proposées, juste pour que le processus continue.
Zelensky l’a formulé de manière particulièrement sévère : on a l’impression que l’Ukraine n’est pas une partie à la guerre, mais un médiateur dans un processus étranger. Pour un pays qui mène une guerre à grande échelle depuis plus de deux ans, cette approche semble non seulement étrange, mais politiquement douloureuse.
Ce qui se passe ensuite et pourquoi c’est important pour le lecteur israélien
Alors que le format trilatéral restait gelé, les 21 et 22 mars, des réunions séparées entre les représentants de l’Ukraine et des États-Unis ont eu lieu aux États-Unis, consacrées au processus de négociation. En Russie, pendant ce temps, on déclarait la poursuite des contacts sur les questions d’échange de prisonniers, ce qui permet de parler du maintien de certains canaux de travail même dans le contexte de la pause générale.
Dans ce contexte, la position de Kiev semble logique : si la crise autour de l’Iran est partiellement résolue, la diplomatie internationale doit revenir à la question de l’agression russe. Pour Israël, il y a ici un sens pratique direct. Moins il y a de foyers nécessitant simultanément une intervention d’urgence de Washington, plus la probabilité d’une politique américaine plus cohérente sur deux fronts à la fois — la dissuasion de l’Iran et l’augmentation de la pression sur la Russie.
C’est pourquoi le sujet soulevé par le ministère ukrainien des Affaires étrangères va bien au-delà d’une simple citation sur les réseaux sociaux. НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency note que pour le public israélien, l’ensemble du lien est important : l’Iran, la sécurité régionale, le rôle des États-Unis, les routes énergétiques et la guerre contre l’Ukraine — ce ne sont plus des intrigues séparées, mais des parties d’un grand tableau géopolitique.
Actuellement, Kiev dit en fait aux alliés ce qui suit : une fenêtre d’opportunité s’est ouverte, et il ne faut pas la perdre. Si après la détente au Moyen-Orient, il n’y a pas de nouvel élan sur la direction ukrainienne, la pause risque de s’éterniser, et avec elle — la guerre elle-même.
