Le 25 septembre 2026, le ministère des Affaires étrangères d’Israël a condamné les attaques russes sur Kiev après la mort d’un citoyen israélien de 14 ans. Mais cette déclaration n’est pas la première. En quatre ans et demi de guerre, la diplomatie israélienne a plusieurs fois directement nommé la Russie, a parfois parlé avec plus de prudence, et à certains moments a préféré l’aide humanitaire à l’accusation publique de Moscou.
Auteur : Stas Shifer
Si l’on rassemble ces déclarations par date, on ne voit pas une ligne diplomatique uniforme, mais plutôt des fluctuations assez marquées.
25 septembre 2026 : un citoyen israélien de 14 ans est mort – le ministère des Affaires étrangères parle directement des attaques russes
Le 25 septembre, le ministère des Affaires étrangères d’Israël a annoncé qu’il condamnait les attaques russes sur Kiev, qui ont entraîné la mort d’un Israélien de 14 ans et blessé environ 20 personnes, y compris sa mère.
« Nous condamnons les récentes attaques russes sur Kiev, qui ont entraîné hier soir la mort d’un citoyen israélien de 14 ans et blessé 20 personnes, dont la mère du garçon », indique la déclaration du ministère.
Le ministère a exprimé ses condoléances à la famille de l’adolescent et aux autres familles ayant perdu des proches « à cause de l’agression russe ».
La famille vivait dans un immeuble du quartier de Pechersk à Kiev, non loin de l’ambassade d’Israël. Les proches ont demandé à transférer le corps de l’adolescent en Israël, où vivent ses grands-parents. La même nuit, la Russie a attaqué l’Ukraine avec des centaines de drones de différents types ; les forces aériennes ukrainiennes ont signalé 295 drones.
Cette déclaration se distingue par un détail : cette fois, le coup russe a directement coûté la vie à un citoyen israélien. Cependant, la formule de condamnation de la Russie n’était pas nouvelle pour le ministère des Affaires étrangères israélien.
28 janvier 2026 : Saar condamne à nouveau les frappes russes sur les civils ukrainiens
Le 28 janvier 2026, le ministre des Affaires étrangères d’Israël, Gideon Saar, a parlé au téléphone avec son homologue ukrainien Andriy Sybiha.
Après la conversation, la partie israélienne a annoncé que Saar avait exprimé sa solidarité avec le peuple ukrainien et condamné les attaques russes contre les civils ukrainiens. Il a également exprimé l’espoir d’un accord qui mettrait fin à la guerre.
Ainsi, la déclaration de janvier n’était pas une réaction à la mort d’un Israélien ou à des dommages à un objet israélien. Il s’agissait spécifiquement des frappes sur la population civile ukrainienne.
1er août 2025 : une frappe russe a touché la maison d’une employée de l’ambassade d’Israël
Le 1er août 2025, Saar a réagi encore plus fermement après une frappe sur les quartiers résidentiels de Kiev.
« Je condamne les frappes russes sur les quartiers résidentiels de Kiev, qui ont entraîné d’énormes et tragiques pertes humaines », a écrit le chef du ministère des Affaires étrangères israélien. Il a indiqué avoir parlé avec le secrétaire de l’ambassadeur d’Israël en Ukraine : sa maison a également été endommagée.
Saar a de nouveau appelé à une paix durable qui doit garantir la sécurité de l’Ukraine. Ici, la Russie ne se cachait plus derrière des formules comme « actions militaires » ou « parties au conflit ». Elle a été nommée directement.
23 juillet 2025 : « Israël condamne les frappes russes sur les civils »
Quelques jours auparavant, le 23 juillet 2025, Gideon Saar était à Kiev et s’exprimait avec Andriy Sybiha.
C’est alors qu’a été prononcée l’une des formulations israéliennes les plus directes de toute la guerre à grande échelle :
« Israël condamne les frappes russes sur les civils ».
Saar a également parlé d’une « paix longue et durable garantissant la sécurité de l’Ukraine », qualifiant les relations entre Israël et l’Ukraine de spéciales et expliquant qu’il était venu à Kiev pour exprimer son soutien au peuple ukrainien.
NAnews a analysé en détail cette visite dans l’article « Nous condamnons les frappes de la Russie sur la population civile » : Gideon Saar à Kiev.
Ce qui est intéressant, c’est que lorsque la déclaration est apparue, certaines publications la décrivaient presque comme le premier cas où le chef du ministère des Affaires étrangères d’Israël condamnait directement la Russie. Historiquement, c’est incorrect : de telles déclarations avaient déjà été faites en février et mars 2022.
2024 : après la frappe sur « Okhmatdyt » — aide au lieu d’une déclaration ferme distincte
Le 8 juillet 2024, un missile russe a frappé l’hôpital pour enfants « Okhmatdyt » à Kiev — le plus grand centre médical pédiatrique spécialisé d’Ukraine. Une mission de surveillance de l’ONU a ensuite signalé une forte probabilité d’un impact direct du missile lancé par la Fédération de Russie.
La réaction israélienne s’est alors concentrée principalement sur la ligne humanitaire. L’ambassadeur Michael Brodsky a annoncé sa volonté d’accueillir en Israël des enfants ukrainiens atteints de cancer et a discuté de l’aide à la reconstruction de l’hôpital. Israël coopérait déjà avec « Okhmatdyt » : des enfants ukrainiens étaient soignés dans des cliniques israéliennes auparavant.
Cependant, dans les publications officielles disponibles de cette période, nous n’avons pas trouvé de déclaration distincte du ministère des Affaires étrangères israélien avec une formule du niveau « nous condamnons la frappe russe sur “Okhmatdyt” ». Cela fait aussi partie de l’histoire et il ne faut pas la réécrire après coup.
