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Trump n’a pas encore dit son dernier mot

L’accord entre les États-Unis et l’Iran n’est toujours pas signé au moment de la publication. Formellement, le dernier mot revient à Donald Trump : c’est lui, selon Axios, qui a exigé d’apporter des modifications supplémentaires au projet d’accords que ses négociateurs discutaient avec la partie iranienne. Le principal différend concerne les matériaux nucléaires de l’Iran, les délais de leur transfert ou destruction, ainsi que les formulations concernant le détroit d’Ormuz.

C’est un détail important. Dans le domaine public, on entend déjà le sentiment d’un « accord presque prêt », mais juridiquement et politiquement, il n’existe pas encore. Les médias d’État iraniens parlent de la proximité d’un accord, la partie américaine de la révision du texte, et les acteurs régionaux essaient de comprendre s’il s’agit d’une véritable limitation de Téhéran ou d’un nouvel emballage diplomatique de concessions anciennes.

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Selon Axios, le mémorandum en discussion pourrait ouvrir une fenêtre de 60 jours pour de nouvelles négociations sur le programme nucléaire iranien et les sanctions. Parmi les premières questions figure le sort de l’uranium enrichi iranien et les restrictions sur l’enrichissement futur.

Pour Israël, ce n’est pas une diplomatie abstraite. Toute formule dans laquelle l’Iran conserve une base technologique, de l’argent, une face politique et un espace de manœuvre sera considérée à Jérusalem non pas comme une issue pacifique, mais comme un report de la prochaine crise.

Ce qui est discuté autour d’un éventuel accord

Dans les coulisses des négociations et les médias internationaux, plusieurs schémas apparaissent. L’un d’eux est un grand fonds d’investissement pour la reconstruction post-guerre de l’Iran. Ynet, citant des agences, parle d’un fonds potentiel allant jusqu’à 300 milliards de dollars, d’une levée progressive des sanctions et du dégel des actifs iraniens dans le cadre d’un projet d’accords plus large.

Un montant similaire a été mentionné par le député du parlement iranien Hossein Zohourian : selon lui, le projet de mémorandum prévoit un programme de reconstruction de l’Iran de 300 milliards de dollars sous réserve d’un accord final, ainsi qu’un calendrier pour la levée des sanctions primaires et secondaires des États-Unis. Iran International précise séparément qu’il s’agit de l’exposé d’un politicien iranien, et non du texte final confirmé de l’accord.

Une autre idée est également évoquée : un consortium régional pour l’enrichissement de l’uranium avec la participation de l’Iran et, éventuellement, des pays du Golfe. Cette option permet de parler formellement de contrôle international, mais laisse à Téhéran un argument politique : le « droit à l’enrichissement » ne disparaît pas, mais est simplement transféré dans une construction plus complexe. Le CSIS indique qu’un tel consortium est envisagé comme un point de départ possible, mais reconnaît en même temps qu’Israël, très probablement, n’acceptera aucun niveau d’enrichissement iranien comme sûr.

C’est ici que commence le principal problème. De l’extérieur, cela peut être présenté comme un compromis, et à l’intérieur de la région du Moyen-Orient — comme un signal : l’Iran a mené la situation à un chantage militaire et énergétique, puis a obtenu non pas une capitulation, mais des négociations sur l’argent, le statut et l’avenir de son programme nucléaire.

Ormuz comme outil de pression

Le détroit d’Ormuz est devenu non seulement un point géographique, mais une partie d’un grand accord. Si ce passage est emprunté par un flux critique de pétrole mondial, toute menace à la navigation se transforme automatiquement en levier de pression sur les États-Unis, l’Europe, la Chine, l’Inde et les pays du Golfe.

L’Iran le comprend. C’est pourquoi le sujet d’Ormuz se retrouve aux côtés du sujet des sanctions, des actifs et du programme nucléaire. En fait, Téhéran essaie de vendre au monde non pas la paix, mais la cessation de la menace qu’il a lui-même créée.

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Pour Israël, cette logique est particulièrement dangereuse. Si un pays ou un régime tire profit de sa capacité à faire chanter la région avec des missiles, des réseaux proxy, des routes maritimes et un seuil nucléaire, cette leçon est rapidement comprise par d’autres acteurs du Moyen-Orient.

Pourquoi cela ressemble à une prime pour le chantage

L’Iran a dès le début avancé des exigences maximalistes. C’est une vieille et bien connue tactique de négociation de Téhéran : d’abord faire monter le prix au maximum, puis transformer une partie des concessions de l’autre partie en « compromis raisonnable ».

Mais maintenant, la situation semble plus inquiétante. L’impression est que l’Iran a réussi à convaincre une partie du système international non seulement de la nécessité de dialoguer, mais aussi du droit de Téhéran à exiger une compensation pour sa propre escalade.

Reuters écrit que la principale carte de l’Iran dans les négociations reste l’uranium hautement enrichi. Selon l’AIEA, avant les frappes de juin, l’Iran disposait de 440,9 kg d’uranium enrichi à 60 % ; cela, avec un enrichissement supplémentaire, pourrait suffire à environ 10 charges nucléaires. Après les frappes, le sort exact des stocks n’est pas clair, mais le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a déclaré que plus de 200 kg de ce matériau restent probablement dans le complexe de tunnels à Ispahan.

Ainsi, l’objet de la négociation n’est pas symbolique. Il s’agit d’un matériau qui constitue depuis de nombreuses années une menace centrale pour Israël et toute la région.

Notre point de vue : ce n’est pas une pacification, mais un achat dangereux de silence

Les États-Unis et la communauté mondiale cherchent actuellement, en substance, un schéma qui permettrait à la fois de donner à l’Iran de l’argent pour la reconstruction, de maintenir le cadre de négociation sur le programme nucléaire et de ne pas conduire la région à une nouvelle explosion.

Le problème est que cette logique fonctionne presque toujours contre la sécurité future. Si un régime reçoit des milliards, un statut international et la possibilité de discuter de son « droit » à un programme nucléaire après des pressions par missiles, des guerres par procuration et des menaces d’Ormuz, ce n’est plus de la diplomatie de position de force.

C’est l’achat d’une pause.

Au milieu de cette histoire, NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency voit la question principale pour le public israélien : qu’est-ce qui sera considéré comme un succès ? Si le succès est quelques semaines de silence et une belle formule pour une conférence de presse, alors l’accord peut être déclaré une victoire. Mais si le succès est l’élimination réelle de la menace nucléaire iranienne, la fin du chantage et l’affaiblissement de l’infrastructure terroriste autour d’Israël, alors les contours actuels semblent trop doux.

Pourquoi Israël ne peut pas regarder cela comme un observateur extérieur

Pour Washington, l’accord peut être un moyen de réduire le coût du conflit, de stabiliser le marché pétrolier et de montrer un résultat diplomatique. Pour l’Europe, une chance d’éviter une nouvelle crise énergétique. Pour les pays du Golfe, une opportunité de lever la pression sur les routes maritimes et de ramener la prévisibilité aux affaires.

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Pour Israël, l’enjeu est différent. L’Iran, ce n’est pas seulement un programme nucléaire. C’est le Hezbollah, le djihad islamique, les Houthis, les milices chiites, les chaînes de missiles, les réseaux de renseignement et l’idéologie de la destruction de l’État juif.

C’est pourquoi tout accord qui laisse à Téhéran de l’argent, du temps et une infrastructure d’influence sera perçu comme un risque. Non pas parce qu’Israël est contre la diplomatie en tant que telle, mais parce qu’une mauvaise diplomatie au Moyen-Orient se transforme souvent en répit avant la prochaine guerre.

Le test principal — ce n’est pas la signature, mais le contrôle

La véritable question n’est pas de savoir si Trump signera le document. La question principale est de savoir ce qui se passera le lendemain de la signature.

Qui vérifiera l’uranium ? Où sera-t-il situé ? L’Iran aura-t-il le droit de continuer l’enrichissement, même sous forme de consortium ? À quelle vitesse les sanctions seront-elles levées ? Qui garantira que l’argent ne sera pas utilisé pour reconstruire la machine militaire, les programmes de missiles et les réseaux proxy ?

Si ces questions ne reçoivent pas de réponses strictes, l’accord deviendra non pas une solution, mais un report. Téhéran obtiendra des ressources, Washington un titre de succès diplomatique, et Israël et la région resteront avec la même menace, seulement sous une forme plus coûteuse et plus légitimée.

C’est pourquoi les propositions actuelles ne ressemblent pas à une architecture de paix, mais à un signal très dangereux : le chantage fonctionne, s’il est suffisamment massif.