La conversation téléphonique entre Volodymyr Zelensky et Benjamin Netanyahu, dont on a parlé ces derniers jours à Kiev et à Jérusalem, semble effectivement ne pas être retirée de l’agenda. L’ambassadeur d’Israël en Ukraine Michaël Brodsky dans une interview du 25 mars 2026 pour le RBC ukrainien a déclaré que le contact n’a pas eu lieu pour des raisons techniques, mais que les parties espèrent le réaliser dans les prochains jours. Pour le public israélien, c’est un détail important : il ne s’agit pas d’un appel formel pour le protocole, mais d’une conversation sur fond de menace iranienne directe, de guerre dans la région et d’une intersection de plus en plus visible des agendas israélien et ukrainien.
Selon Brodsky, l’initiative de la conversation est venue précisément du côté israélien. Il a clairement indiqué que le sujet principal sera probablement le Moyen-Orient et surtout l’Iran. Cela en dit déjà long sur le moment actuel : Jérusalem semble vouloir discuter avec Kiev non seulement des relations bilatérales, mais aussi d’un cadre de menaces plus large qui relie désormais Israël, l’Ukraine, la Russie et l’Iran dans une chaîne tendue.
Pourquoi cette conversation est-elle importante non seulement pour Kiev, mais aussi pour Israël
Dans la logique diplomatique habituelle, un tel appel pourrait être présenté comme un contact ordinaire entre les dirigeants de deux pays. La situation est différente maintenant. Israël mène une confrontation difficile avec l’axe iranien, l’Ukraine repousse depuis plus de quatre ans l’agression russe et fait face depuis longtemps à des armes iraniennes sur son territoire. Par conséquent, le sujet de l’Iran dans la conversation entre Zelensky et Netanyahu ne semble pas secondaire, mais central.
Pour le lecteur israélien, une conclusion désagréable mais compréhensible est importante ici. L’Ukraine et Israël se retrouvent de plus en plus souvent dans le même champ de menaces, même si leurs guerres sont différentes en termes de géographie et d’échelle. Ce qui pouvait autrefois sembler être une formule diplomatique sur les « défis communs » a maintenant un contenu concret : drones, coopération militaire de l’Iran avec la Russie, pression sur les alliés occidentaux, tentatives d’élargir les crises régionales au-delà d’un seul front.
L’Iran devient un sujet commun non pas au niveau des slogans, mais au niveau de la sécurité
Brodsky a clairement indiqué que le sujet clé présumé de la conversation serait la situation au Moyen-Orient et la menace iranienne. C’est important aussi parce que Kiev ne voit plus aujourd’hui l’Iran comme un problème moyen-oriental lointain d’Israël, mais comme un État qui aide depuis des années la Russie dans la guerre contre l’Ukraine. À Jérusalem, on voit donc que le front ukrainien est également lié depuis longtemps au facteur iranien.
Que signifie la gratitude pour la reconnaissance du CGRI comme organisation terroriste
Un sujet distinct, que Netanyahu ne manquera probablement pas selon Brodsky, sera la gratitude de l’Ukraine pour la reconnaissance du Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste. Israël a déjà publiquement indiqué qu’il apprécie hautement cette décision de Kiev et la considère comme un précédent important. Dans le langage diplomatique, de telles formulations sont rarement accidentelles : c’est à la fois un signal politique de soutien et la confirmation que l’Ukraine a pris une position que Jérusalem considère comme principielle.
Il convient de prêter attention à un autre point.
Brodsky a souligné qu’après la décision ukrainienne, d’autres pays ont pris des mesures similaires. Pour Israël, cela est pratique non seulement symboliquement. Lorsqu’un des pays sous attaque militaire constante prend une telle mesure en premier, cela aide à élargir la légitimation internationale de la pression sur les structures de sécurité iraniennes. Cela signifie que la future conversation entre Zelensky et Netanyahu pourrait ne pas être simplement un échange de courtoisies, mais une partie d’une coordination politique plus large.
Dans ce sens, NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency voient dans le contact à venir non pas un épisode diplomatique anodin, mais le symptôme d’un processus plus profond : l’Ukraine et Israël parlent de plus en plus souvent l’un à l’autre à travers le prisme de la même menace venant de Téhéran, même si elle se manifeste sur différentes cartes et par différents moyens.
De quoi pourrait-il vraiment être question entre Zelensky et Netanyahu
Officiellement, l’agenda exact de la conversation n’est pas encore révélé.
Mais des paroles de l’ambassadeur, trois thèmes principaux se dessinent clairement. Le premier — le Moyen-Orient et la confrontation actuelle autour de l’Iran. Le deuxième — la décision ukrainienne concernant le CGRI et les conséquences politiques de cette démarche. Le troisième — un contexte de sécurité plus large, où l’expérience israélienne et ukrainienne existent de moins en moins séparément.
C’est pourquoi le simple fait de préparer cet appel est déjà important maintenant, avant même qu’il n’ait lieu. Pour Kiev, c’est l’occasion de renforcer le contact avec la direction israélienne à un moment de nouvelle turbulence régionale. Pour Israël — une chance de discuter avec l’Ukraine du facteur iranien non pas en abstraction, mais sur fond de guerre réelle, dans laquelle Téhéran est impliqué depuis longtemps non seulement par des mots. Et si la conversation a effectivement lieu dans les prochains jours, elle doit être lue non pas comme une formalité diplomatique, mais comme une partie d’une architecture d’alliances et de menaces en rapide évolution.
