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Le directeur général du «Conseil de la paix», Nikolaï Mladenov, après la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, a publié le 21 mai 2026 sur X une feuille de route en 15 points, qu’il a qualifiée de mécanisme de mise en œuvre du plan de paix global du président américain Donald Trump pour la bande de Gaza.

Le document est apparu dans le contexte d’une impasse évidente autour de la deuxième phase du cessez-le-feu. Le Hamas refuse de se désarmer, Israël ne retire pas ses troupes, et l’importation de marchandises ainsi que la logistique humanitaire restent des sujets de pression politique, d’accusations mutuelles et de contrôles constants.

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Pour Israël, ce n’est pas simplement un autre schéma diplomatique. Il s’agit de tenter de répondre à la question principale après la guerre : qui va gouverner Gaza, qui va détenir les armes, qui sera responsable de la sécurité et une autorité civile peut-elle émerger dans le secteur sans une armée parallèle à l’intérieur.

Ce qui se cache derrière le plan de Mladenov

Mladenov construit la feuille de route autour de la formule : « un seul pouvoir, une seule loi, une seule armée ». En substance, cela signifie le démantèlement du modèle où à Gaza coexistent simultanément des structures civiles, des factions armées, des appareils de sécurité partisans et des verticales de commandement distinctes.

Le plan publié ne parle pas de maintenir la trêve pour la trêve elle-même. L’objectif est formulé plus largement : sortir Gaza du cercle vicieux de la guerre, de l’effondrement humanitaire et de la destruction vers la reconstruction, la gestion civile et l’autodétermination palestinienne future.

Point 1. Engagement envers la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU et le plan global

Le premier point donne le sens de tout le schéma. Mladenov souligne que le but du processus n’est pas simplement de maintenir le cessez-le-feu, mais de créer une transition claire de la guerre à la reconstruction.

Il s’agit de reprendre la vie civile, de reconstruire l’économie de Gaza, de reconstruire les institutions et de créer une voie politique vers l’autonomie et la souveraineté palestiniennes. Selon la logique du document, les Palestiniens doivent comprendre où mène ce processus, et non vivre dans une construction temporaire infinie.

Pour Israël, ce point est important non seulement pour la perspective palestinienne, mais aussi pour la question de la sécurité. Toute voie vers l’autonomie à Gaza n’aura de sens que si elle ne conserve pas l’ancien système armé sous un nouveau nom.

Point 2. Mise en œuvre des engagements déjà pris pour le cessez-le-feu

Le deuxième point concerne ce sans quoi le processus ne peut passer à l’étape suivante. Mladenov parle de la nécessité de respecter les engagements déjà pris dans le cadre du cessez-le-feu.

Cela inclut l’aide humanitaire, le carburant, le fonctionnement des points de passage, les abris, ainsi que les mesures prévues par les accords de Charm el-Cheikh. La logique est simple : on ne peut pas construire une nouvelle étape si l’ancienne n’est pas réalisée.

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C’est ici que Mladenov a précédemment souligné les violations quotidiennes et a déclaré que ce qui se passe ne correspond pas à ce qui a été promis aux Palestiniens et n’apportera pas de sécurité à Israël. Dans le nouveau plan, Israël n’est pas directement nommé dans ce point, mais l’accent sur les engagements non tenus est évident.

Point 3. Vérification avant de progresser

Le troisième point est basé sur la reconnaissance d’une réalité désagréable : il n’y a pratiquement pas de confiance entre Israéliens et Palestiniens.

C’est pourquoi Mladenov propose de construire le processus non sur des promesses, mais sur une vérification indépendante. Chaque engagement d’une partie doit déclencher un engagement de l’autre, mais l’étape suivante ne commence qu’après confirmation de l’exécution de la précédente.

Pour cela, un Comité de vérification de la mise en œuvre est introduit. Sa tâche est de faire de la réciprocité non pas un slogan, mais un mécanisme mesurable : étape par étape, quartier par quartier, engagement par engagement.

Qui doit gouverner Gaza et que deviendra le Hamas

L’idée centrale du plan est de séparer les factions armées de la gestion civile. Cela signifie que le Hamas et d’autres groupes doivent cesser d’être simultanément une autorité politique, une structure militaire et un contrôleur de facto de la rue.

Pour Israël, ce bloc est crucial. Si l’administration civile n’est qu’une façade et que les armes et la verticale de pouvoir restent aux anciennes structures, aucun changement réel ne se produira.

Point 4. Rôle du « Conseil de la paix », du bureau du Haut Représentant et du Comité national de gestion de Gaza

Le quatrième point explique l’architecture de transition. Le Comité national de gestion de Gaza doit devenir l’administration civile palestinienne pour la période de transition.

Le bureau du Haut Représentant doit relier le « Conseil de la paix » à ce comité et coordonner la gestion civile, la reconstruction et la sécurité. Le « Conseil de la paix » lui-même et les mécanismes internationaux sont décrits comme une construction temporaire, et non comme un remplacement permanent de la gestion palestinienne.

Ainsi, le plan ne propose pas une gestion externe éternelle de Gaza. Il propose un soutien international pendant la stabilisation, la reconstruction et la préparation au retour de l’administration palestinienne réformée à ses responsabilités.

Point 5. Le Hamas et la gestion

Le cinquième point sépare directement les organisations armées des institutions de pouvoir. Selon la logique de Mladenov, Gaza ne peut pas se reconstruire tant que les groupes armés continuent de gérer simultanément le territoire.

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Cependant, le document ne propose pas de punition collective pour les fonctionnaires civils. Les travailleurs ordinaires de l’administration, des hôpitaux, des écoles et des structures municipales doivent recevoir un traitement légal, équitable et digne.

En d’autres termes, le plan n’est pas dirigé contre les personnes qui assuraient la vie quotidienne, mais contre le modèle de gestion par les armes. C’est une différence importante, car sans maintenir l’appareil civil, Gaza risque de subir non pas une réforme, mais un effondrement administratif.

Point 6. Un seul pouvoir, une seule loi, une seule arme

Le sixième point est le cœur de toute la feuille de route. Seules les institutions palestiniennes autorisées doivent avoir le droit d’assurer la sécurité à l’intérieur de Gaza.

Cela signifie que seules les personnes autorisées peuvent porter des armes, les groupes armés cessent leurs activités militaires, et les structures de sécurité et de gestion civile sont unifiées sous une seule autorité civile.

Au milieu de cette discussion NANouvellesNouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère le plan de Mladenov comme une tentative de fixer la condition de base de tout schéma post-conflit : la reconstruction de Gaza est impossible si, à côté des institutions civiles, continue d’exister une force armée indépendante, non contrôlée par une administration unifiée.

Désarmement, police, forces internationales et retrait de Tsahal

La partie la plus explosive du plan est le désarmement. Mladenov ne propose pas une reddition immédiate des armes et ne dit pas que les armes collectées doivent être remises à Israël.

Au contraire, les armes doivent être transférées aux structures palestiniennes opérant sous le Comité national de gestion de Gaza, sous surveillance internationale. Le processus est proposé de manière progressive, par secteurs, avec le retrait des forces israéliennes et l’expansion de la reconstruction.

Point 7. Réforme de la police et intégration

Le septième point est consacré à la police civile. Le plan prévoit la vérification des effectifs policiers, l’intégration des agents formés dans de nouvelles structures, le transfert de certaines personnes à des postes non armés ou des compensations là où cela sera nécessaire.

Les armes de la police doivent passer sous le contrôle du Comité national de gestion de Gaza dès son entrée dans le secteur.

La tâche ici est claire : éviter un vide sécuritaire. Si les anciennes structures de pouvoir disparaissent plus vite qu’une nouvelle police n’apparaît, Gaza peut sombrer dans le chaos, le crime, la vengeance et la lutte des factions.

Point 8. Cessation progressive des activités des structures armées

Le huitième point explique le processus de désarmement lui-même. Il n’est pas décrit comme une capitulation immédiate ou une reddition unilatérale des armes.

Mladenov propose un mécanisme progressif, dirigé par les Palestiniens et vérifié internationalement. Les armes ne sont pas remises à Israël. Elles doivent être transférées aux Palestiniens opérant sous le contrôle du Comité national, sous surveillance internationale.

Le processus doit se dérouler secteur par secteur, parallèlement à des étapes réciproques : retrait progressif d’Israël, expansion de la gestion civile et lancement de la reconstruction.

Point 9. Armes personnelles selon la loi palestinienne

Le neuvième point sépare l’infrastructure militaire organisée des armes personnelles.

Le Comité national doit devenir le seul organe palestinien qui enregistre les armes, délivre des licences, révoque des licences et collecte les armes non enregistrées. Pour cela, des programmes de rachat, d’aide à la réintégration et de soutien social sont proposés.

Le sens est que la régulation des armes passe dans le domaine juridique, et ne reste pas entre les mains de structures armées distinctes.

Point 10. Conditions de remise des armes personnelles

Le dixième point est nécessaire pour dissiper les craintes des gens pour leur sécurité personnelle. Selon la feuille de route, personne ne doit être obligé de remettre ses armes personnelles avant que les conditions de sécurité nécessaires ne soient remplies et vérifiées.

C’est une clause importante. Si l’on exige un abandon immédiat des armes dans des conditions d’instabilité, on peut obtenir l’effet inverse : augmentation de la peur, armement caché, chaos et nouvelle vague de violence interne.

C’est pourquoi le processus de remise des armes personnelles doit se dérouler en même temps que l’apparition de forces de sécurité opérationnelles, et non avant elles.

Point 11. Accord de paix sociale

Le onzième point concerne la violence interne palestinienne. Les factions doivent signer un accord de paix sociale.

Il est prévu d’interdire les meurtres internes, les représailles, les démonstrations armées et la démonstration publique de force dans les rues. L’objectif est d’empêcher la période de transition de se transformer en guerre de vengeance et en lutte de factions.

Pour les habitants de Gaza, c’est une question de survie. Pour Israël, c’est un test pour voir si une quelconque forme de système gérable peut émerger dans le secteur, et non un autre cycle de chaos armé.

Point 12. Forces internationales de stabilisation

Le douzième point introduit le rôle des Forces internationales de stabilisation.

Ces forces doivent être un tampon temporaire entre les zones israéliennes et palestiniennes, protéger les opérations humanitaires et soutenir le processus de désarmement. Cependant, elles ne doivent pas gérer Gaza et ne doivent pas remplacer la police.

La gestion civile et la responsabilité policière restent sous le Comité national de gestion de Gaza. Les forces internationales sont nécessaires pour réduire les frictions pendant la période de transition, tandis que les structures palestiniennes prennent progressivement la responsabilité sur le terrain.

Point 13. Retrait progressif d’Israël

Le treizième point lie le retrait de Tsahal à des progrès vérifiés dans le désarmement et le déploiement des Forces internationales de stabilisation.

Israël doit se retirer selon un calendrier convenu, mais pas simplement sur des promesses. Chaque étape du retrait doit être liée à des actions concrètes vérifiables : cessation des activités des structures armées, transfert des zones à l’autorité civile, apparition de forces tampons et début de la reconstruction.

C’est le principe de réciprocité sous une forme pratique : Israël se retire, l’administration civile palestinienne prend la responsabilité, le mécanisme international vérifie, la reconstruction s’étend.

Point 14. Responsabilité palestinienne dans les zones certifiées

Le quatorzième point parle du transfert de responsabilité pour la sécurité dans les zones qui ont déjà été vérifiées et sont considérées comme entièrement démilitarisées.

Dans ces zones, la sécurité doit être maintenue par les autorités civiles palestiniennes sous le Comité national. Cela doit progressivement faire passer Gaza d’un régime de confrontation militaire à une gestion administrative.

Mais c’est ici que se pose la principale question israélienne : qui garantit qu’une zone certifiée ne deviendra pas dans quelques mois à nouveau une zone d’influence du Hamas ou d’une autre structure armée.

Point 15. Reconstruction

Le quinzième point lie la grande reconstruction à une stabilité vérifiée.

L’argent pour les hôpitaux, les écoles, les maisons, les routes, l’infrastructure et la vie économique doit aller dans les zones où il y a une administration civile et pas de structures armées parallèles actives.

La logique est stricte mais compréhensible : on ne peut pas reconstruire durablement une zone où, à côté du pouvoir civil, continue de fonctionner une armée distincte. Plus le plan est exécuté de manière vérifiée, plus Gaza peut rapidement passer de l’aide humanitaire d’urgence à une véritable reconstruction.

Pourquoi le Hamas rejette ce schéma

Il n’est pas surprenant que ce plan ne plaise pas au Hamas. Le représentant du mouvement à Gaza, Hazem Qassem, a déclaré que les exigences de Mladenov sont une continuation de la vision israélienne et une tentative de créer une justification pour une nouvelle escalade israélienne dans le secteur.

Ce n’est pas une nouvelle position. Le Hamas a déjà refusé de se désarmer, exigeant d’abord le retrait complet des troupes israéliennes et des garanties de souveraineté palestinienne. Pour le mouvement, les armes ne sont pas seulement un outil militaire, mais la base du pouvoir politique.

Tony Blair, membre du comité exécutif du « Conseil de la paix », expliquait déjà en février que la communauté internationale compte précisément sur un désarmement « volontaire ». Mais la volontarité dans des conditions où les armes déterminent le pouvoir ressemble plutôt à une formule diplomatique qu’à un mécanisme prêt à l’emploi.

Pourquoi le plan semble logique, mais ne semble pas encore réalisable

La publication de ces 15 points ressemble à une tentative de raviver le plan global de Trump, adopté en octobre de l’année dernière. Ne serait-ce que dans le domaine de l’information.

La semaine dernière, le journaliste d’Axios Barak Ravid rapportait que Washington discute parallèlement d’un plan alternatif, rédigé après qu’il soit devenu clair que les options précédentes ne fonctionnent pas.

Mladenov lui-même à Jérusalem a reconnu que les rencontres avec Netanyahu n’ont pas donné de résultats. Et tout le « Conseil de la paix » est encore loin de résultats tangibles. Son budget repose sur une seule grande contribution de 100 millions de dollars des Émirats arabes unis, destinée à la préparation de la police palestinienne.

Pour une reconstruction à grande échelle de Gaza, une réforme de la gestion, une stabilisation de la sécurité et le lancement d’une nouvelle administration, cela est clairement insuffisant.

La question principale pour Israël

Le plan de Mladenov semble détaillé, mais son point faible est évident : il dépend de l’accord de ceux qui ne veulent pas perdre leurs leviers de pouvoir.

Israël n’est pas prêt à quitter Gaza simplement sur des promesses que le Hamas ne contrôlera plus le territoire. Le Hamas n’est pas prêt à rendre les armes, car sans armes, il perd son statut de force principale. L’administration palestinienne ne semble pas encore être une structure qui peut rapidement et de manière convaincante revenir dans le secteur. Les acteurs internationaux sont prêts à coordonner et financer, mais ne sont pas désireux de prendre tous les risques.

C’est pourquoi la feuille de route publiée n’est pas une solution prête à l’emploi, mais un cadre pour tester les intentions.

Elle fixe l’essentiel : sans un pouvoir unique, une loi unique et un contrôle unique sur les armes, il n’y aura pas de reconstruction à long terme de Gaza. Mais pour Israël, la question la plus importante reste : qui exactement veillera à ce que cette formule ne devienne pas un nouveau nom pour l’ancien système.