Le film raconte les histoires de six femmes ukrainiennes du Donbass, de la région de Kherson et de la région de Kiev, qui depuis 2014 ont subi des violences sexuelles et des tortures pendant l’agression russe contre l’Ukraine.
À Tel-Aviv se déroule DOCAVIV — l’un des principaux festivals de cinéma documentaire en Israël. En 2026, il se tient du 28 mai au 6 juin et rassemble plus d’une centaine de films documentaires israéliens et internationaux, des rencontres avec les auteurs, des projections spéciales et des événements professionnels.
Parmi les accents ukrainiens importants du programme du festival, on trouve le film documentaire ukraino-polonais «Сліди» / Traces réalisé par Alisa Kovalenko et co-réalisé par Marysia Nikitiuk.
La projection du film est prévue pour le 4 juin à la cinémathèque de Tel-Aviv. Pour la communauté ukrainienne d’Israël, les rapatriés d’Ukraine, les spectateurs israéliens et tous ceux qui suivent le sujet de la guerre russe contre l’Ukraine, ce n’est pas simplement un point de l’affiche culturelle. C’est une rare opportunité de voir sur grand écran un film-témoignage sur des crimes qui restent souvent en dehors des nouvelles habituelles.
DOCAVIV : qu’est-ce que ce festival et pourquoi est-il important
DOCAVIV est le festival international du film documentaire de Tel-Aviv. C’est l’une des principales plateformes d’Israël pour le cinéma documentaire, où le cinéma devient non seulement un art, mais aussi un moyen de parler de la guerre, de la mémoire, du traumatisme, des droits de l’homme, de la politique, de la société et des histoires personnelles qui ne peuvent être racontées avec le langage sec des rapports.
En 2026, se tient le 28e festival DOCAVIV. Son programme comprend des films documentaires israéliens et étrangers, des compétitions internationales et nationales, des courts métrages, des travaux d’étudiants, des sections thématiques, des rencontres avec des réalisateurs et des événements pour l’industrie cinématographique.
Le principal lieu du festival est la cinémathèque de Tel-Aviv. Des projections et des événements ont également lieu dans d’autres lieux culturels de la ville, y compris le Musée des Arts de Tel-Aviv et d’autres sites.
Pour Israël, DOCAVIV est depuis longtemps plus qu’un simple programme de cinéma. C’est un espace de conversation publique. Le cinéma documentaire y fonctionne souvent comme un témoignage du temps : il enregistre ce qui n’est pas encore devenu histoire, mais qui nécessite déjà attention, compréhension et réaction morale.
Qui organise DOCAVIV
Le festival est organisé par l’association DOCAVIV — une organisation culturelle à but non lucratif qui promeut le cinéma documentaire en Israël non seulement pendant le festival, mais tout au long de l’année.
L’association organise des projections, des initiatives éducatives, des projets régionaux et des programmes liés au développement du cinéma documentaire en tant que genre socialement important.
L’équipe de DOCAVIV 2026 comprend :
- Président — Rami Shalmor
- Directrice générale — Limor Aharonovich
- Directrice artistique — Michal Weitz
- Producteur principal — Gal Hanochi
- Responsable du programme — Anat Netel
Le festival réunit des réalisateurs, des producteurs, des protagonistes de films documentaires, des critiques, des spectateurs, des journalistes et des représentants de l’industrie cinématographique. Dans ce contexte, la participation ukrainienne est particulièrement importante : la guerre russe contre l’Ukraine reste non seulement un sujet militaire et politique, mais aussi un sujet de témoignage documentaire.
«Сліди» : un film sur six Ukrainiennes, le traumatisme et la résistance
Le film «Сліди» / Traces est un film documentaire ukraino-polonais de 2026. Il a été réalisé par Alisa Kovalenko en collaboration avec la co-réalisatrice Marysia Nikitiuk.
Le film raconte les histoires de six femmes ukrainiennes du Donbass, de la région de Kherson et de la région de Kiev, qui depuis 2014 ont subi des violences sexuelles et des tortures pendant l’agression russe contre l’Ukraine.
C’est un sujet lourd et délicat. Mais «Сліди» ne se construit pas uniquement sur l’horreur de ce qui a été vécu. Le film parle de ce qui se passe après la violence : du silence, de la douleur, de la peur, de la tentative de parler à nouveau, du soutien aux autres victimes, de la recherche de justice et de la dignité qui n’a pas pu être détruite.
Au centre du film se trouve Iryna Dovhan, ancienne prisonnière, défenseure des droits humains et directrice de SEMA Ukraine. À travers son histoire, les auteurs montrent comment un traumatisme personnel peut devenir un témoignage public, et ce témoignage une partie de la lutte pour la vérité.
SEMA Ukraine est une communauté ukrainienne de femmes ayant survécu à des violences sexuelles et sexistes liées à la guerre. C’est pourquoi le film est important non seulement en tant qu’œuvre cinématographique, mais aussi en tant que document de résistance, de soutien mutuel et de tentative de donner une voix à celles que les criminels voulaient faire taire.
Qui est derrière le film
La réalisatrice et scénariste du film est Alisa Kovalenko. Elle a également été directrice de la photographie. La co-réalisatrice est Marysia Nikitiuk.
Les productrices du film sont Olga Bregman et Natalia Libet. La production a été réalisée en coproduction entre l’Ukraine et la Pologne par les sociétés 2Brave Productions et Message Film. La musique a été composée par le compositeur polonais Wojciech Frycz. Le montage a été réalisé par Nikon Romanchenko et la monteuse polonaise Milenia Fidler.
Le film présente les histoires de six femmes de différentes régions d’Ukraine — Donbass, région de Kherson et région de Kiev — qui ont subi des violences sexuelles et des tortures depuis 2014 :
Iryna Dovhan — ancienne économiste, propriétaire d’un salon de beauté, qui après sa captivité en 2014 est devenue défenseure des droits humains et directrice de l’organisation SEMA Ukraine.
Olga Cherniak — fonctionnaire de l’administration de district.
Tatiana Vasilenko et Galina Tishchenko — entrepreneuses.
Nina — agricultrice.
Lioudmila Mefodievna Mimrikova — ancienne enseignante de langue et littérature ukrainiennes.
Leurs biographies sont différentes. Parmi elles, il y a une ancienne économiste et propriétaire de salon de beauté, une fonctionnaire, des entrepreneuses, une agricultrice, une ancienne enseignante de langue et littérature ukrainiennes.
Mais le film les unit non par leur statut ou leur profession. Il les unit à travers l’expérience de la violence, du traumatisme et de la lutte pour le droit d’être entendues.
Reconnaissance internationale
La première mondiale du film «Сліди» a eu lieu le 16 février 2026 au 76e Festival international du film de Berlin dans le programme Panorama Dokumente.
Plus tard, le film a reçu le Prix du public Panorama Audience Award dans la catégorie documentaire. Pour le cinéma documentaire ukrainien, cela a été une reconnaissance internationale importante.
La particularité de cette récompense est qu’elle est déterminée par le public. Cela signifie que le film a été entendu non seulement par les experts et les critiques, mais aussi par les spectateurs qui y ont vu non pas une histoire ukrainienne privée, mais un témoignage universel sur la violence, la guerre, la dignité et la responsabilité.
En 2026, le film a également reçu une mention spéciale au Millennium Docs Against Gravity. Cela a renforcé son statut international en tant que l’une des œuvres documentaires importantes sur la guerre russe contre l’Ukraine et ses conséquences humaines.
Pourquoi la projection à Tel-Aviv est importante pour Israël
Pour le public israélien, la projection de «Сліди» a une signification particulière. La société israélienne comprend bien que les témoignages de violence, de captivité, d’humiliation, de tortures et de crimes contre des civils ne peuvent rester uniquement une affaire interne d’un pays.
Ces histoires nécessitent une documentation. Elles nécessitent de l’attention. Et elles nécessitent une solidarité internationale — non pas déclarative, mais humaine, culturelle et sociale.
En Israël, le thème de la mémoire, du traumatisme, de la guerre, des otages, de la violence et de la dignité humaine a une sensibilité particulière. C’est pourquoi le film ukrainien à DOCAVIV résonne ici non pas comme une histoire lointaine d’un autre pays, mais comme une partie d’une grande conversation sur ce qui arrive à la société lorsque les crimes deviennent un outil de guerre.
Il est important de souligner que «Сліди» ne doit pas être perçu comme une tentative de comparer des tragédies ou de rivaliser dans la douleur. Son importance réside ailleurs. Le film invite à voir l’expérience ukrainienne à travers des destins humains et à comprendre pourquoi la documentation des crimes russes est importante non seulement pour l’Ukraine.
Pour le spectateur israélien, c’est aussi l’occasion d’entendre directement les voix des femmes ukrainiennes — non pas à travers des déclarations politiques, non pas à travers des formules diplomatiques et non pas à travers des statistiques militaires.
НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère ces événements comme faisant partie d’une conversation plus large sur les liens entre l’Ukraine et Israël, sur le rôle de la culture dans la compréhension de la guerre et sur pourquoi les témoignages des victimes de crimes de guerre doivent être entendus au-delà du pays où ces crimes ont été commis.
La communauté ukrainienne d’Israël et la voix du témoignage
En Israël vivent des rapatriés d’Ukraine, des Ukrainiens qui résident en permanence dans le pays, des familles avec des racines ukrainiennes, des bénévoles, des activistes et des personnes aidant l’Ukraine après l’invasion à grande échelle de la Russie en 2022.
Pour ce public, la projection de «Сліди» n’est pas simplement un événement de festival. C’est un moment où la douleur ukrainienne et le témoignage ukrainien entrent dans l’espace culturel israélien.
Le film aide à sortir le sujet des crimes russes au-delà des nouvelles. Il montre non seulement le fait de la violence, mais aussi comment les femmes continuent de vivre, de parler, de soutenir les autres et de réclamer justice.
C’est là la force du cinéma documentaire. Il ne remplace pas un tribunal, une enquête ou une décision politique. Mais il préserve les visages humains là où les documents officiels laissent souvent seulement des formulations.
Quand et où regarder
La projection du film «Сліди» / Traces à DOCAVIV aura lieu :
4 juin 2026
Tel-Aviv
Cinémathèque de Tel-Aviv
Salle 2
Heure : 14:15
Page du film et billets :
https://www.docaviv.co.il/films/traces/
Les spectateurs doivent prendre en compte que le film aborde un sujet lourd et traumatisant de violences sexuelles et de tortures pendant la guerre. C’est une œuvre qui nécessite une vision attentive, délicate et respectueuse.
Qu’est-ce que SEMA Ukraine
SEMA Ukraine est une organisation publique ukrainienne et une communauté de femmes ayant survécu à des violences sexuelles et sexistes liées à la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Sur son site officiel, l’organisation écrit qu’elle rassemble des Ukrainiennes qui ont souffert de telles violences à la suite de l’agression armée de la Russie et qui prennent une position civique active.
SEMA Ukraine existe depuis 2019 en tant que partie du réseau international SEMA Network, fondé par l’organisation internationale Fondation du Dr Denis Mukwege. Denis Mukwege est un médecin gynécologue congolais et lauréat du prix Nobel de la paix, connu pour son travail avec les femmes ayant survécu à des violences sexuelles dans des contextes de conflits armés.
Le 1er février 2023, l’organisation publique «Sema Ukraine» a été officiellement enregistrée. Son objectif est d’accroître la sensibilisation du public aux causes et aux conséquences des violences sexuelles pendant le conflit armé, de lutter contre l’impunité et de poursuivre les criminels de guerre.
L’organisation aide les femmes victimes à ne pas rester seules face au traumatisme : elle crée une plateforme sécurisée pour la communication, offre un soutien psychologique, aide à établir des contacts avec des organisations médicales, juridiques et de défense des droits humains spécialisées. SEMA Ukraine s’occupe également de la documentation des témoignages sur les crimes des occupants et de l’advocacy au niveau national et international.
En décembre 2024, des organisations regroupant les victimes de violences sexuelles liées au conflit ont lancé une initiative pour inclure la Fédération de Russie dans l’annexe au rapport annuel du Secrétaire général de l’ONU sur les violences sexuelles liées au conflit. Il s’agit d’une liste des parties raisonnablement soupçonnées de viols ou d’autres formes de violences sexuelles dans des situations de conflit armé.
Dans le contexte du film «Сліди», SEMA Ukraine est importante car l’une des héroïnes centrales du film est Iryna Dovhan, ancienne prisonnière, défenseure des droits humains et directrice de cette organisation. À travers son histoire, le film montre non seulement le traumatisme, mais aussi le chemin vers le témoignage public, le soutien mutuel et la lutte pour la justice.
Fiche technique
Film : «Сліди» / Traces
Année : 2026
Pays : Ukraine, Pologne
Genre : film documentaire, docudrame
Réalisatrice : Alisa Kovalenko
Co-réalisatrice : Marysia Nikitiuk
Productrices : Olga Bregman, Natalia Libet
Sociétés : 2Brave Productions, Message Film
Langue : ukrainien
Thème : violences sexuelles et tortures pendant l’agression russe contre l’Ukraine
Héroïnes : Iryna Dovhan, Olga Cherniak, Tatiana Vasilenko, Galina Tishchenko, Nina, Lioudmila Mimrikova
Festival : DOCAVIV 2026
Dates du festival : 28 mai — 6 juin 2026
Ville : Tel-Aviv
Projection du film : 4 juin, cinémathèque de Tel-Aviv
Le film «Сліди» est important non seulement parce qu’il est présenté dans un festival international. Il est important parce qu’il rend au spectateur la compréhension : derrière les mots «crimes de guerre» se cachent des personnes concrètes, des corps concrets, une mémoire concrète et une lutte concrète pour le droit à la vérité.
Pour Tel-Aviv, cette projection devient non seulement une rencontre avec le cinéma documentaire ukrainien. C’est une rencontre avec les voix des femmes qui ont survécu à la violence russe et n’ont pas permis à cette violence de devenir le dernier mot de leur histoire.
Page du film et billets :
https://www.docaviv.co.il/films/traces/
