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Le 26 mars 2026, la Fédération des Communautés Juives d’Ukraine a annoncé un événement qui revêt pour l’Ukraine une importance non seulement religieuse, mais aussi culturelle et historique. La section du fonds de judaïca de l’Institut des manuscrits de la Bibliothèque nationale d’Ukraine nommée d’après V. I. Vernadsky a reçu en don une édition ukrainienne de la Torah — un livre bilingue où l’original hébreu ancien est placé à côté de la traduction ukrainienne.

Ce n’est pas simplement le transfert d’une édition rare dans le fonds de la bibliothèque. Il s’agit de la première traduction juive de l’histoire de toute la Torah, c’est-à-dire du Pentateuque de Moïse, en langue ukrainienne. L’apparition même d’un tel texte peut déjà être considérée comme un jalon pour la vie juive ukrainienne, pour le milieu scientifique et pour la préservation du patrimoine culturel commun du pays.

Ce qui a été précisément transféré à la bibliothèque

La Torah a parlé en ukrainien : une édition unique a été transférée à la Bibliothèque nationale d'Ukraine nommée d'après V. I. Vernadsky
La Torah a parlé en ukrainien : une édition unique a été transférée à la Bibliothèque nationale d’Ukraine nommée d’après V. I. Vernadsky

Deux exemplaires du livre ont été reçus dans la section du fonds de judaïca. L’un a été transmis par l’Association ukrainienne de judaïca, l’autre par la communauté religieuse juive de la ville de Marioupol.

Cela donne à l’événement une profondeur supplémentaire. Le transfert a eu lieu à la veille de Pessah, l’une des principales fêtes du judaïsme, ainsi que pendant les jours de mémoire des habitants de Marioupol, tués par les envahisseurs russes dans le théâtre dramatique de Marioupol en mars 2022.

Un tel contexte rend la nouvelle bien plus large qu’une simple annonce d’une nouvelle acquisition pour la bibliothèque. Le livre se trouve lié à la fois à la tradition religieuse vivante, à la mémoire d’une ville détruite, et à la tentative de préserver la présence juive dans l’histoire ukrainienne non seulement à travers les archives, mais aussi à travers le mot contemporain.

Pourquoi cette édition est déjà entrée dans l’histoire

L’essentiel de cette histoire est l’ampleur même du projet. Pour la première fois, une traduction complète de la Torah en langue ukrainienne a été réalisée. L’édition est bilingue, ce qui signifie qu’elle est importante à la fois pour l’étude religieuse, pour le milieu académique, pour la tradition de traduction et pour le travail futur avec le patrimoine juif en Ukraine.

De tels livres n’apparaissent pas par hasard et ne sont pas faits « pour la forme ». Ils changent l’architecture même de l’espace culturel. Lorsque le texte sacré devient accessible en langue ukrainienne, cela signifie que la tradition juive obtient une nouvelle forme stable de présence au sein de la culture ukrainienne.

Qui a initié l’édition de la Torah en langue ukrainienne

L’édition a été réalisée en 2025 à l’initiative du Conseil de la Fédération des communautés juives d’Ukraine. Le livre est sorti à Kharkiv avec un tirage de 15 000 exemplaires.

C’est un chiffre important. Un tel tirage indique que le projet n’a pas été conçu comme un geste symbolique étroit, mais comme un véritable outil de diffusion du savoir. Nous n’avons pas affaire à un exemplaire unique pour une vitrine ni à une rareté académique pour quelques spécialistes. C’est une édition complète, destinée à un usage large.

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Dans le contexte de la guerre, un tel travail résonne particulièrement fort. L’Ukraine continue de défendre non seulement son territoire, mais aussi son tissu historique multicouche, dont fait partie le patrimoine juif. C’est dans ce contexte que la nouvelle du transfert du livre au fonds de judaïca prend une signification nationale.

Dans ce sens, NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considèrent l’histoire non pas comme une note locale pour un cercle restreint, mais comme un signal important que la vie juive en Ukraine continue de parler, de traduire, de préserver et de transmettre ses textes plus loin, malgré la guerre et les pertes.

Ce qu’a dit le rabbin Meir Tzvi Stambler

Le chef du Conseil, le rabbin Meir Tzvi Stambler, a souligné que désormais la connaissance du Très-Haut — l’étude de la Torah — résonnera aussi en langue ukrainienne. Il a qualifié cela de jalon exceptionnel pour le peuple juif.

Dans ces mots, il n’y a pas de rhétorique superflue. Ils décrivent précisément l’essence de ce qui s’est passé. Le texte sacré n’est pas simplement traduit. Il est intégré dans un nouvel espace linguistique, où il pourra vivre, être lu, étudié et faire partie de la pratique religieuse et culturelle quotidienne.

Mémoire, langue et tradition en même temps

Le transfert de l’édition ukrainienne de la Torah à la Bibliothèque nationale nommée d’après Vernadsky est une histoire de livre, mais pas seulement de livre. C’est une histoire sur la façon dont la langue devient un moyen de préserver la tradition. Sur la façon dont la bibliothèque se transforme en un lieu de fixation non seulement du passé, mais aussi du présent. Et sur la façon dont même en temps de guerre apparaissent des projets qui travaillent pour des décennies à venir.

L’événement à la veille de Pessah et pendant les jours de mémoire des victimes de Marioupol rend cette nouvelle particulièrement forte. Ici se sont réunis le calendrier religieux, la douleur nationale, la mémoire juive et le travail culturel ukrainien.

C’est pourquoi nous n’avons pas affaire à un simple prétexte d’information, mais à un signe important du temps : la Torah en langue ukrainienne est déjà devenue une partie de l’histoire, et son apparition dans le fonds de la principale bibliothèque du pays le consolide non seulement spirituellement, mais aussi institutionnellement.

Тора заговорила по-украински: в Национальную библиотеку Украины имени В. И. Вернадского передали уникальное издание