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NAnews – Nikk.Agency Actualités Israël

Dans la satire soviétique des années 1960-1980, les nationalistes ukrainiens et les «sionistes» étaient régulièrement représentés comme des alliés agissant sous le patronage des États-Unis. Ces caricatures n’étaient pas publiées dans le «Krokodil» central, mais avant tout dans des publications républicaines destinées à un public local. L’exemple le plus caractéristique est le magazine de Kiev «Perec».

Il ne s’agissait pas d’une expérience artistique, mais d’une tâche politique : former un lien stable «antisémitisme = impérialisme = argent américain». Dans le contexte de la guerre froide, cela est devenu une partie de la politique informationnelle systémique.

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Magazine «Perec» : la satire régionale comme outil idéologique

«Frères-brigands» et le dollar comme signe commun

Dans le n°15 de 1975, l’artiste I. Alexandrovitch a publié une caricature avec la légende «FRÈRES-BRIGANDS». La question dans la légende était rhétorique : «Avez-vous remarqué ce qui lie les “Frères-brigands”? Le signe du dollar!»

Sur le dessin, un nationaliste ukrainien et un «sioniste» se tenaient côte à côte — tous deux représentés comme des figures caricaturales avec des symboles soulignés : une chemise brodée avec un clin d’œil à un passé collaborationniste, l’Étoile de David, des sacs de dollars. En arrière-plan — l’influence américaine.

Du point de vue de la logique soviétique, ils étaient unis par un «sponsor» commun — Washington, qui utiliserait prétendument le nationalisme et le sionisme contre Moscou.

«Portrait de famille de l’impérialisme»

Dans le n°19 de 1982, l’artiste S. Gerasimchuk a représenté le «Père natal» — l’impérialisme — et deux «fils sanguinaires» : le nationalisme bourgeois ukrainien et le sionisme.

Légende du dessin : «PORTRAIT DE FAMILLE DE L’IMPÉRIALISME».

Le «fils» en chemise brodée a un micro avec l’inscription «Radio Liberté», qui émettait depuis Munich et était financé par le gouvernement américain. Le «sioniste» a des «Plans d’agression» et une Étoile de David symbolique. Le père est assis sur une bombe à neutrons.

Ainsi, le lien visuel était établi : nationalisme + Israël + USA = un front antisystème unique.

Pourquoi ensemble?

L’antisémitisme comme dénominateur commun

Dans le discours soviétique, les nationalistes ukrainiens en exil et le sionisme international étaient unis par le concept d’«antisémitisme» («antiradjanchtchina»). Cela permettait de les présenter comme des alliés idéologiques, indépendamment des divergences politiques réelles.

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Dans le n°10 de 1981, une caricature intitulée «DANS LE MÊME HARNAIS» est apparue — une représentation symbolique du mouvement conjoint contre l’URSS.

De tels sujets ne reflétaient pas des alliances réelles. L’État d’Israël et les organisations juives internationales n’ont jamais collaboré avec d’anciens collaborateurs nazis. Cependant, dans le contexte de la guerre froide, la propagande des deux côtés simplifiait et radicalisait souvent l’image de l’ennemi.

Le Loup et le Renard : l’imagerie comme outil

Dans le n°6 de 1977, l’artiste A. Arutyunyants a représenté un nationaliste ukrainien sous la forme d’un Loup avec un trident, et Israël sous la forme d’un Renard avec une Étoile de David. Légende : «Le loup n’est pas parent du renard, mais ils ont la même habitude!»

La caricature faisait référence à des archétypes de contes familiers, renforçant la perception émotionnelle. Le Loup — grossier et direct. Le Renard — rusé et sournois. Ensemble — un couple dangereux.

Cette rhétorique visuelle servait à renforcer le récit politique : tout mouvement antisoviétique fait partie d’un projet «impérialiste» unique.

Contexte de la guerre froide et rôle des États-Unis

La position soviétique était que l’émigration ukrainienne et Israël existaient exclusivement grâce au soutien militaire et financier des États-Unis. C’est pourquoi les caricatures comportaient presque toujours un dollar, un drapeau américain ou une allusion à un tuteur extérieur.

Dans le n°5 de 1972, l’artiste V. Zelinsky publie un dessin intitulé «ENFANTS DU DIABLE», où les mêmes personnages sont à nouveau réunis.

Il est important de comprendre : ces matériaux étaient publiés dans un magazine d’État et reflétaient la ligne idéologique officielle.

Dans les publications analytiques de NANouvelles — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency, de tels sujets sont considérés comme un exemple de la façon dont la propagande visuelle a formé des mythologèmes durables qui ont survécu à l’URSS elle-même.

Public local et adresse cachée

Les caricatures sur les «banderistes» dans «Perec» n’étaient pas reproduites par la presse centrale. Elles étaient destinées au public de la RSS d’Ukraine. Cela explique l’accent mis sur le thème régional.

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Dans chaque république soviétique, il y avait ses propres magazines satiriques dans les langues nationales. En Ukraine, «Perec» critiquait activement le nationalisme local — à la fois moderne et historique (Petlioura, Skoropadsky).

Les matériaux des années 1961-1982, y compris les dessins de V. Glivenko et S. Gerasimchuk, ne sont pratiquement pas représentés sur Internet aujourd’hui et sont conservés dans des archives papier.

Ce qu’il est important de prendre en compte aujourd’hui

Le lien «banderistes et sionistes» est un produit de l’époque de la confrontation idéologique. Il ne reflète pas des alliances factuelles, mais la logique propagandiste de l’époque.

Dans le contexte de la guerre froide, chaque camp formait l’image de l’ennemi par simplification et hyperbole symbolique. La satire soviétique est devenue une partie de ce mécanisme.

L’analyse historique de tels matériaux est importante non pas pour réanimer de vieux mythes, mais pour comprendre comment les constructions informationnelles se forment, se fixent et continuent d’influencer la perception publique des décennies plus tard.

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