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NAnews – Nikk.Agency Actualités Israël

Selon la tradition, 6 Israéliens ayant survécu à l’Holocauste allumeront des torches lors de la cérémonie en mémoire des 6 millions de Juifs tués.

Le soir du 13 avril 2026, une cérémonie d’État se tiendra au complexe mémorial de Yad Vashem, dédiée à la Journée du souvenir de la Shoah et de l’héroïsme du peuple juif. En 2026, Yom HaShoah est célébré en Israël le 14 avril, et la cérémonie d’État centrale commence traditionnellement la veille au soir. Cette année, le thème central est « La famille juive pendant l’Holocauste« , et l’un des principaux symboles du souvenir sera à nouveau l’allumage de six torches en l’honneur des six millions de Juifs tués.

Pour la société israélienne, ce n’est pas simplement un rituel commémoratif du calendrier. C’est un moment où les biographies personnelles des survivants de l’Holocauste deviennent partie intégrante du discours national sur la mémoire, la survie, la réinstallation, le service au pays et la transmission de la vérité historique aux générations futures. Il est particulièrement significatif que parmi ceux qui allumeront les torches à Yad Vashem, il y ait des natifs d’Ukraine, de Lituanie, de Pologne, de Libye, de Tchécoslovaquie et d’Israël même.

Cérémonie d’État de Yom HaShoah 2026 : quand elle aura lieu et à quoi elle est dédiée

Le thème de l’année — la famille juive pendant l’Holocauste

La cérémonie d’État à Yad Vashem cette année est dédiée au thème « La famille juive pendant l’Holocauste ». C’est un choix important et fort pour le public israélien, car la tragédie de la Shoah a détruit non seulement des communautés, des villes et des pays, mais avant tout des familles — parents, enfants, frères, sœurs, grands-parents. À travers l’histoire familiale, la mémoire devient non pas abstraite, mais extrêmement concrète et humaine.

Depuis la scène, les noms des personnes ayant traversé les ghettos, les camps, les marches de la mort, la clandestinité, les errances et la réinstallation d’après-guerre seront prononcés. Ce sont précisément ces histoires qui, en Israël, ne sont pas perçues comme des « archives », mais comme une base vivante de la mémoire nationale, surtout dans une société où de nombreuses familles ont un lien direct ou indirect avec la Shoah.

Pourquoi la cérémonie a-t-elle été enregistrée à l’avance

En 2026, l’événement a été enregistré à l’avance au musée Yad Vashem et sera diffusé le soir du 13 avril à 20h00. Cette décision a été prise en raison de la guerre avec l’Iran et conformément aux directives du Commandement du front intérieur. Malgré le cessez-le-feu, la cérémonie n’a pas encore été rétablie dans son format habituel. Pour Israël, c’est un autre rappel que la mémoire du passé et les questions de sécurité dans le présent se retrouvent souvent ensemble dans le même moment public.

La cérémonie verra la participation du président du conseil de Yad Vashem, le rabbin Israël Meir Lau, des chanteurs Roni Dalumi et Harel Skaat, de l’actrice Hadas Yaron, et sera animée par Miri Michaeli. Mais le centre émotionnel de l’événement, comme toujours, ne sera ni la scène ni le format de diffusion, mais les visages des survivants.

Qui allumera les six torches du souvenir à Yad Vashem

Journée du souvenir de la Shoah en Israël : des natifs d'Ukraine, de Lituanie, de Pologne, de Libye et d'Israël allumeront des torches
Journée du souvenir de la Shoah en Israël : des natifs d’Ukraine, de Lituanie, de Pologne, de Libye et d’Israël allumeront des torches

La première torche sera allumée par Saadia Bahat, natif de Lituanie. Son enfance a été brisée par l’invasion de l’armée nazie, le ghetto de Vilnius, la mort de ses parents et les camps suivants en Estonie. Plus tard, il s’est retrouvé à Stutthof, a survécu miraculeusement, a traversé le travail forcé et la marche de la mort, et après sa libération, il est arrivé en Palestine sous mandat. Déjà en Israël, il a combattu, a fait ses études au Technion, a travaillé de nombreuses années à RAFAEL et est devenu lauréat du Prix d’Israël dans le domaine de la sécurité.

C’est l’une de ces biographies qui résonnent particulièrement fort dans le contexte israélien : le parcours d’un garçon juif persécuté en Europe à celui d’une personne liée à la défense de l’État juif.

La deuxième torche sera allumée par Mikhaïl Sidko, né en Ukraine. Son histoire familiale traverse l’un des symboles les plus terribles de l’Holocauste en Europe de l’Est — Babi Yar. Là, sous ses yeux, sa mère, sa petite sœur et son frère bébé ont été tués. Mikhaïl lui-même et son frère ont réussi à s’échapper, et des voisines ukrainiennes, plus tard reconnues en Israël comme Justes parmi les nations, leur ont donné refuge. Après la guerre, il a servi dans l’armée, a travaillé comme ingénieur, et en 2000, il a émigré en Israël avec sa famille.

Pour les lecteurs israéliens, cette histoire est également importante car elle relie la tragédie du judaïsme d’Europe de l’Est, la mémoire de Babi Yar, le thème du sauvetage et l’aliyah tardive qui a amené une personne d’Ukraine en Israël à un âge mûr.

La troisième torche sera allumée par Miryam Bar-Lev, native de Tel-Aviv. Sa famille a déménagé aux Pays-Bas, où après l’occupation nazie, elle a traversé le camp de Westerbork et Bergen-Belsen. Elle a survécu à la faim, à l’humiliation, à la mort de son père et au soi-disant « train perdu », libéré par l’armée soviétique en avril 1945. Après la guerre, Miryam est retournée en Eretz Israël, est devenue infirmière et a travaillé de nombreuses années dans le système de santé et d’éducation.

La quatrième torche est confiée à Moshe Harari, natif de Pologne, ayant survécu au ghetto, à la fuite dans la forêt, à l’abri chez un paysan, à l’antisémitisme d’après-guerre et au difficile chemin vers la Palestine sous mandat à travers un camp d’internement à Chypre. Toute sa vie ultérieure en Israël a été liée à l’industrie de la défense.

La cinquième torche sera allumée par Ilana-Lina Falah, native de Libye. Son histoire est particulièrement significative car elle rappelle que la Shoah et la persécution des Juifs n’ont pas seulement touché l’Europe. Sa famille a traversé le camp de concentration de Giado, la faim, les maladies, la mort de proches et la fuite ultérieure des pogroms. Déjà en Israël, Ilana a construit une nouvelle vie, a travaillé et a raconté aux autres le sort des Juifs libyens.

La sixième torche sera allumée par Avigdor Neumann, natif de Tchécoslovaquie, né dans un endroit qui se trouve aujourd’hui sur le territoire de l’Ukraine. Il a traversé le ghetto, Birkenau, la perte de sa famille, la marche de la mort, un camp en Autriche, puis le chemin d’un immigrant illégal en Eretz Israël. Plus tard, il a participé à toutes les guerres d’Israël et a été blessé lors de la guerre de Kippour. Une telle biographie dans la conscience israélienne résonne comme un concentré de toute une époque : la destruction du judaïsme européen, la lutte pour le retour sur la terre d’Israël et la participation personnelle à la défense de l’État.

C’est dans de telles histoires que NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency voit le sens principal de la Journée du souvenir de la Shoah : non seulement dans le deuil des tués, mais aussi dans la compréhension du prix que les survivants ont payé pour atteindre Israël, fonder des familles, élever des enfants, des petits-enfants et des arrière-petits-enfants, puis transformer le traumatisme personnel en mémoire nationale.

Pourquoi ces biographies sont importantes pour Israël aujourd’hui

La mémoire de l’Holocauste — ce n’est pas un passé « quelque part là-bas »

Israël revient chaque année à ces noms non par formalité. Derrière chaque torche se cache non seulement le destin d’une personne, mais tout un axe historique : l’Europe et l’Afrique du Nord, les ghettos et les camps, le sauvetage et la réinstallation, la création de l’État et son service après la Shoah. C’est pourquoi Yom HaShoah pour la société israélienne ne reste pas une date muséale, mais fait partie du présent.

Cela se ressent particulièrement dans le contexte où cette année, la cérémonie se déroule dans des conditions de tension régionale et après des décisions dictées par la guerre. Pour un pays qui continue de vivre sous les menaces, la mémoire de l’Holocauste est toujours liée non seulement à la douleur passée, mais aussi à la question contemporaine de la sécurité juive.

Qui d’autre prendra la parole lors de la cérémonie

Au nom des survivants de l’Holocauste, Haviva Burst, née en Pologne, prendra la parole. Son enfance a traversé la clandestinité, les abris, la perte de sa famille et la survie en solitaire. Après son arrivée en Palestine sous mandat, elle est devenue l’une des fondatrices du kibboutz Tze’elim. La prière « El Male Rahamim » sera récitée par Menahem Neeman, né en Roumanie, ayant survécu au ghetto, et plus tard devenu en Israël avocat, vice-président du tribunal de district de Haïfa et professeur de droit de la famille.

Ces détails sont aussi importants que les torches elles-mêmes. Ils montrent que la mémoire en Israël n’est pas seulement un récit de mort, mais aussi un récit de continuation de la vie. Des personnes qui, après l’Holocauste, ne se sont pas effacées dans l’ombre de l’histoire, mais sont devenues des bâtisseurs de kibboutzim, des combattants, des ingénieurs, des juges, des infirmières, des parents de grandes familles israéliennes.

C’est là que réside le sens principal de la cérémonie du 13 avril. Les six torches à Yad Vashem ne sont pas seulement un symbole des six millions. C’est aussi un rappel que derrière chaque nom se tenait une famille, et derrière chaque survivant — un monde entier qui a réussi non seulement à survivre, mais aussi à se réenraciner en Israël.

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