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NAnews – Nikk.Agency Actualités Israël

Le 16 décembre 2025 à Kiev, à l’Institut d’histoire mondiale de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine, s’est tenue la conférence scientifique internationale «Particularités de la formation du discours scientifique sur l’Holocauste dans les pays européens». Le forum a réuni des historiens, des chercheurs en mémoire, des représentants de la communauté académique et des organisations internationales travaillant à la préservation de la vérité historique sur la Catastrophe du judaïsme européen.

La conférence a fait partie d’un processus plus large de réévaluation du rôle de l’Holocauste dans la science historique européenne et mondiale contemporaine — surtout dans le contexte de nouveaux défis politiques, de tentatives de révision de l’histoire et de l’intérêt croissant pour les modèles nationaux de mémoire historique.

Comment le discours scientifique sur l’Holocauste évolue-t-il en Europe et dans le monde

L’un des thèmes centraux de la discussion a été les bases théoriques et méthodologiques de la recherche sur l’Holocauste au XXIe siècle. Les participants ont analysé comment se forme le discours scientifique et socio-politique contemporain de la mémoire dans les pays d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord, d’Israël et d’Europe de l’Est.

Une attention particulière a été accordée aux différences dans les approches de recherche. Si les écoles historiques occidentales se concentrent traditionnellement sur les mécanismes institutionnels de la politique d’extermination nazie, les recherches d’Europe de l’Est soulèvent de plus en plus des questions sur l’expérience locale, la mémoire régionale et les conséquences des régimes totalitaires pour la société d’après-guerre.

Sources de mémoire et rôle de la justice internationale

Lors de la séance plénière, les sources clés de l’étude de l’Holocauste ont été discutées — documents d’archives, témoignages oraux de survivants, matériaux judiciaires et recherches internationales menées en Ukraine, aux États-Unis, en Pologne, en France, en Suisse et au Royaume-Uni.

Un bloc de discussions a été consacré à l’influence de la justice internationale sur la préservation de la mémoire des victimes de la terreur nazie. Les experts ont souligné : l’évaluation juridique des crimes du XXe siècle reste un outil important contre le déni historique et les manipulations politiques du passé.

Ce sont précisément ces plateformes scientifiques qui forment un espace durable de dialogue historique, dont НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency écrit régulièrement, attirant l’attention sur le lien entre l’expérience ukrainienne, européenne et israélienne de préservation de la mémoire de l’Holocauste.

Babi Yar comme symbole de la lutte pour la vérité historique

L’une des interventions remarquables de la conférence a été le rapport de Vladislav Grinevich, directeur régional de l’Ukrainian Jewish Encounter (UJE) en Ukraine et doctorant au département d’histoire mondiale de l’Université de Kiev Boris Grinchenko.

Sa recherche était consacrée à la résistance à la politique soviétique de silence sur la tragédie de Babi Yar — l’un des symboles clés de l’Holocauste en Europe de l’Est.

Le rapport était basé sur une analyse historiographique de la monographie collective «Babi Yar : histoire et mémoire», préparée par un groupe international de chercheurs avec le soutien de l’UJE. Le travail sur le livre a commencé en 2015 dans le cadre de la préparation des événements pour le 75e anniversaire de la tragédie de Babi Yar, qui ont eu lieu à Kiev en septembre 2016.

La valeur de l’édition réside non seulement dans la composition internationale des auteurs — des chercheurs d’Ukraine, du Canada, des Pays-Bas, des États-Unis, d’Israël et de France. Le principal résultat a été la tentative de former une vision ukrainienne de l’histoire de Babi Yar en tant que partie de la tragédie paneuropéenne du XXe siècle.

L’étude souligne une thèse historique importante : la responsabilité de la tragédie a été examinée dans le contexte des actions de deux systèmes totalitaires — le régime nazi et le régime stalinien. Bien que l’organisateur direct de l’Holocauste ait été l’Allemagne nazie, les processus politiques qui ont conduit à la guerre ont accéléré la catastrophe du judaïsme européen.

La voix du témoin : l’intervention de Boris Zabarco

Une place particulière dans le programme a été occupée par l’intervention de Boris Zabarco — historien ukrainien renommé, chercheur de l’Holocauste et ancien prisonnier du ghetto, dont la biographie personnelle est directement liée aux événements tragiques de la Seconde Guerre mondiale.

Depuis des décennies, Zabarco collecte des témoignages de survivants — anciens prisonniers de ghettos et de camps de concentration nazis, enfants de la guerre et témoins de la destruction des communautés juives d’Europe de l’Est. Ses travaux sont devenus une partie importante des recherches internationales sur l’Holocauste, car ils ramènent dans la science historique les voix de personnes longtemps exclues du récit historique officiel soviétique.

L’intervention de l’historien combinait analyse académique et expérience personnelle de la tragédie vécue. Pour les participants à la conférence, cela a été un rappel que l’étude de l’Holocauste dépasse largement le cadre de la discipline scientifique et reste une obligation morale de la société contemporaine.

Coopération internationale et avenir des recherches sur la mémoire

La conférence à Kiev a montré l’intégration croissante des recherches ukrainiennes sur l’Holocauste dans le contexte scientifique mondial. Les participants ont souligné la nécessité d’une coopération internationale continue, d’échanges d’archives, de publications conjointes et de programmes éducatifs.

Un moment symbolique de l’événement a été la remise par Vladislav Grinevich de livres publiés avec le soutien de l’UJE à Boris Zabarco — éminent scientifique et technicien d’Ukraine, ancien prisonnier du ghetto de Sharhorod et président de longue date de l’Association panukrainienne des Juifs — anciens prisonniers de ghettos et de camps de concentration nazis.

De telles rencontres scientifiques confirment : la mémoire de l’Holocauste reste non seulement une partie du passé, mais aussi un élément important de l’identité européenne contemporaine. L’étude de la tragédie, la préservation des témoignages et le dialogue académique ouvert deviennent des conditions clés pour prévenir la répétition des crimes des régimes totalitaires à l’avenir.

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