L’analyste militaire israélien, officier de réserve de Tsahal Yigal Levin a prononcé un texte programmatique à l’occasion du quatrième anniversaire de la guerre à grande échelle de la Russie contre l’Ukraine. Sa position dépasse les rapports de front. Il s’agit de la résilience de la société, de la résilience cognitive et de la stratégie personnelle de survie dans une guerre longue.
La déclaration a été publiée sur le canal Telegram de l’expert et a déjà suscité des discussions tant en Ukraine qu’en Israël.
Quatre ans de guerre : un regard depuis Israël
La réalité matérielle contre les dates calendaires
Yigal Levin commence par une thèse qui, à première vue, semble paradoxale. Selon lui, les dates anniversaires et les cadres temporels sont un outil psychologique. Les gens ont besoin de diviser la guerre en étapes pour maintenir leur résilience intérieure.
Cependant, dans le monde matériel, souligne l’expert, le processus ne se divise pas en « première », « deuxième » ou « quatrième » année. La guerre est une pression continue, un travail acharné et une charge à long terme. La prise de conscience de son caractère prolongé est déjà devenue un fait, et non une hypothèse.
Cette approche reflète la réalité de 2026 : l’Ukraine continue de résister, malgré les tentatives du Kremlin de briser le front et la société.
La résilience cognitive comme nouveau champ de bataille
Une résilience qui a dépassé les attentes
Levin met particulièrement l’accent sur la résilience phénoménale des Ukrainiens. Selon lui, ils tiennent là où la plupart des sociétés n’auraient pas résisté à une telle pression.
Ce n’est pas une évaluation émotionnelle, mais professionnelle. L’officier israélien, ayant une expérience de l’analyse des conflits au Moyen-Orient, reconnaît en fait : le niveau de mobilisation sociale en Ukraine a dépassé les prévisions de nombreux analystes.
Cependant, avertit-il, l’étape actuelle comporte une autre menace – l’érosion interne.
Selon lui, la tâche de l’adversaire est de :
— semer l’apathie et le doute quant à la victoire
— détruire les repères de valeurs
— provoquer des conflits internes
La pression psychologique, les attaques informationnelles, la dilution du sens – cela fait partie de la guerre moderne.
Dans un contexte analytique, cette idée est développée par NAnews – Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency, considérant la résilience cognitive comme un facteur clé de la sécurité nationale de l’Ukraine et de tout l’arc de confrontation en Europe de l’Est.
L’unité comme ressource stratégique
Selon l’expert, en période sombre, la seule stratégie rationnelle reste de s’appuyer sur les siens, de s’attacher fermement aux faits et de ne faire aucun compromis envers l’agresseur.
La guerre, souligne-t-il, ne se déroule pas seulement pour le territoire, mais aussi pour la capacité de la société à maintenir son noyau intérieur.
Devoir, travail et perspective à long terme
Yigal Levin revient à la thèse qu’il a déjà énoncée : une tête froide et l’accomplissement de son devoir – une formule universelle de survie en crise.
Les fluctuations émotionnelles sont inévitables. Mais le travail quotidien systématique est le seul outil pour surmonter. Les victoires se forment non par des déclarations, mais par un effort constant.
En concluant le texte, l’officier fait un aveu personnel. Il ne regrette pas son choix et considère comme un honneur d’être en Ukraine, de travailler et de servir aux côtés des Ukrainiens.
« Pour moi, c’est un grand honneur d’être en Ukraine à vos côtés en cette période difficile », a-t-il souligné, ajoutant qu’un jour cette période fera partie de son livre.
Aujourd’hui, quatre ans après le début de la guerre, de tels mots ne résonnent pas comme un geste diplomatique, mais comme une évaluation professionnelle de ce qui se passe. Le regard israélien sur la résilience ukrainienne n’est pas seulement un soutien moral, mais aussi un signal : la guerre du XXIe siècle se définit non seulement par la force des armes, mais aussi par la solidité de la société.