À la fin août 2025, le délai accordé par le tribunal de district de Jérusalem à la Russie pour s’opposer à la saisie de ses actifs en Israël a expiré.
Au moment de la publication le 03.09.2025, l’affaire était déjà en pause sur ordre de la Cour suprême, et tout le pays suit le sort de l’hôtel Sergei Palace Hotel (également connu sous le nom de Cour de Serge) et du parking HaMa’alot au centre de Jérusalem.
La saisie est possible, mais seulement si ce sont des biens commerciaux et que la procédure de remise des documents est irréprochable. Actuellement, le processus est suspendu par la Cour suprême d’Israël en attendant la vérification de la procédure.
Les détails ont été publiés par le journal israélien Calcalist le 3 septembre 2025.
Nous avons déjà écrit sur le processus – « Saisir les actifs appartenant à la Russie » — une entreprise ukrainienne a déposé une demande auprès du tribunal de Jérusalem pour une compensation pour les actifs saisis par la Russie en Crimée ukrainienne.
Cause première : l’agression sanglante de la Russie
Les origines de l’affaire remontent à 2014, lorsque la Russie a annexé la Crimée par la force. Cela a été accompagné de pertes humaines, de violations massives des droits de l’homme et de l’expropriation totale des biens ukrainiens. Parmi les victimes se trouvait la société DTEK Krymenergo, dont les actifs ont été nationalisés.
C’est cette agression sanglante et cette prise de territoires qui ont conduit à l’arbitrage à La Haye, où en janvier 2023, la Russie a été condamnée à verser à l’Ukraine 207 millions de dollars. Aujourd’hui, le litige autour du Sergei Palace Hotel et du parking HaMa’alot à Jérusalem n’est qu’une des conséquences de cette guerre non provoquée que Moscou mène contre l’Ukraine.
Pourquoi l’Ukraine est-elle venue ici
En janvier 2023, l’arbitrage de La Haye a accordé à l’entreprise ukrainienne PJSC DTEK Krymenergo 207 millions de dollars de compensation pour les actifs nationalisés par la Russie en Crimée après 2014. Ensuite, la phase d’exécution de la décision a commencé dans différentes juridictions, et Israël s’est retrouvé sur la liste des destinations possibles.
Les objets impliqués dans l’affaire
Les deux objets appartiennent juridiquement au gouvernement russe.
Sergei Palace Hotel
Un hôtel historique sur la rue Heleni ha-Malka, à quelques centaines de mètres de la vieille ville. Construit à la fin du XIXe siècle pour les pèlerins royaux et rouvert après restauration en 2017. C’est un bien commercial, et non diplomatique.
Parking HaMa’alot
Un parking municipal au carrefour King George — Maalot. Il est resté inutilisé pendant des années, puis a été rénové et rouvert il y a environ deux ans, soulignant son caractère commercial.
Pourquoi le « statut commercial » est décisif
Selon la loi israélienne sur l’immunité des États étrangers, leurs biens sont généralement protégés contre l’exécution des décisions. Mais pour les « biens commerciaux et immobiliers » en Israël, il existe une exception, et c’est précisément dans cette « faille » juridique que le demandeur vise.
Chronologie : étapes de l’affaire pas à pas
Étape 1 — Dépôt au tribunal de district (printemps 2025)
La société DTEK Krymenergo, par l’intermédiaire de l’avocat Zoar Lande (Barnea Jaffa Lande & Co.), a demandé au tribunal de district de Jérusalem d’imposer des saisies conservatoires sur le Sergei Palace Hotel et HaMa’alot. Le tribunal a refusé la saisie « ex parte », mais a ordonné de notifier la Fédération de Russie.
Étape 2 — Remise des documents par la diplomatie (mai 2025)
Le tribunal a ordonné à l’État de transmettre les documents « sans délai ». L’ambassade d’Israël à Moscou a envoyé des copies des demandes et des décisions au ministère russe des Affaires étrangères par courrier diplomatique, comme enregistré dans les documents.
Étape 3 — Réponse de la Russie : « procédure violée »
La partie russe a déclaré par note diplomatique que la transmission ne respectait pas le droit international et la Convention de La Haye sur la signification, que certains documents n’étaient pas correctement traduits, et que le délai minimum de réponse devait être de 60 jours après la transmission complète du dossier. La Russie a également affirmé qu’elle « n’était pas partie au processus ».
Étape 4 — Position de l’État d’Israël
Le ministère des Affaires étrangères et le conseiller juridique du gouvernement (Gali Baharav-Miara) ont averti : un échec de la procédure pourrait nuire aux relations extérieures, et des mesures réciproques contre les actifs israéliens à l’étranger sont possibles. Cela a élevé les « enjeux » de l’affaire au niveau de la politique d’État.
Étape 5 — Décisions du tribunal de district (été 2025)
Les juges Ilan Sela et Pnina Neuwirth ont rejeté les arguments de l’État et de la Russie. Ils ont indiqué : si le gouvernement russe souhaite s’opposer, il doit s’adresser directement au tribunal, et non par note diplomatique. Le tribunal a également fixé une date limite — fin août 2025, après quoi la décision sera prise sur la base des documents déjà soumis.
« Si le gouvernement russe souhaite soumettre des objections à la procédure, qu’il s’adresse directement au tribunal… Si aucune réponse n’est reçue d’ici la fin août, la décision sera prise sur la base des documents de l’affaire ».
Étape 6 — Appel et suspension à la Cour suprême
Le procureur général a saisi la Cour suprême pour annuler les décisions du tribunal de district et émettre un ordre de suspension. La juge Ruth Ronen a suspendu la procédure au tribunal de district jusqu’à ce que la procédure de signification correcte soit déterminée. Au moment de la publication le 03.09.2025, cette pause était déjà en vigueur.
Où en est l’affaire actuellement
Stade : processus « gelé » à la Cour suprême d’Israël (BAGATZ). Le tribunal de district de Jérusalem a arrêté l’examen et attend des instructions d’en haut. Tout dépend maintenant de la décision de la Cour suprême : reconnaîtra-t-elle que les documents ont été correctement transmis à la Russie, et donnera-t-elle le feu vert à la poursuite de l’affaire.
Arguments des parties — en bref
- Ukraine (DTEK Krymenergo) : il y a un arbitrage de 207 millions de dollars ; il s’agit d’actifs commerciaux ; la Russie doit s’opposer devant le tribunal, et non par notes.
- Russie : signification non conforme aux règles et sans traductions complètes ; délai minimum de réponse — 60 jours ; « nous ne sommes pas partie au processus ».
- État d’Israël : craint des dommages politiques extérieurs et des mesures réciproques ; demande une procédure idéale avant toute saisie.
- Tribunal de district de Jérusalem : « au tribunal, pas par la diplomatie » ; date limite — fin août 2025.
Pourquoi cela est important pour le lecteur israélien
Pour le marché, c’est un test de fonctionnement de l’exception à l’immunité pour les biens immobiliers commerciaux. Pour la politique, c’est un examen de l’équilibre entre le droit et les relations extérieures. Pour les habitants de Jérusalem, c’est une question de savoir comment un conflit international touche des adresses réelles entre la rue Jaffa et la vieille ville.
NAnews — Nouvelles d’Israël : un regard de l’intérieur
La rédaction de NAnews — Nouvelles d’Israël constate : c’est ici que se croisent Israël, l’Ukraine, la diaspora et la communauté juive. Les « Nouvelles d’Israël » cessent d’être internes lorsque la décision sur deux objets urbains peut influencer la pratique internationale de l’exécution des arbitrages.
Ce qui va suivre : scénarios réalistes
Scénario 1 — Retour au tribunal de district et mesures conservatoires
La Cour suprême maintient les décisions du tribunal de district. À Jérusalem, les saisies conservatoires du Sergei Palace Hotel et de HaMa’alot sont réexaminées, et la question se pose de savoir s’il s’agit d’un actif « commercial ».
Scénario 2 — Nouvelle procédure de signification
BAGATZ accepte avec le procureur général : le dossier doit être remis à nouveau selon toutes les règles internationales. Alors, la Russie dispose d’un nouveau délai de 60 jours, et l’affaire ralentit de plusieurs mois.
Scénario 3 — Compromis
Le tribunal dit : « la procédure n’est pas idéale, mais on ne peut pas bloquer le demandeur ». Le tribunal de district continue à condition de remettre les documents à nouveau et de donner du temps supplémentaire à la Russie. C’est une voie « médiane ».
Sur les délais (estimation)
Pour les affaires avec une dimension diplomatique, il est raisonnable d’attendre une première audience dans les 3 à 6 mois et une décision quelques mois après l’audience. C’est une prévision basée sur la pratique, et non un fait tiré d’une source.
Citations qui donnent le ton
« La demande d’autorisation d’appel repose sur des intérêts importants dans les relations extérieures d’Israël… Il s’agit de prévenir les dommages aux relations diplomatiques et les mesures réciproques contre Israël ». — de la position du procureur général à la Cour suprême.
« Les actifs d’un État étranger bénéficient de l’immunité contre les procédures d’exécution… cependant, les biens commerciaux ou immobiliers en Israël ne bénéficient pas de l’immunité diplomatique ». — sur la principale exception dans la loi.
Informations sur les objets
- Sergei Palace Hotel : restauré et ouvert en 2017 ; situé à distance de marche de la vieille ville ; patrimoine historique de la fin du XIXe siècle.
- HaMa’alot : parking près de King George — Maalot ; rénové et rouvert il y a environ deux ans ; actif générateur de revenus pour la ville.
Conclusion : où en sommes-nous
Depuis fin août 2025, le délai du tribunal de district pour la Russie a expiré. Au 03.09.2025, le processus était déjà suspendu par la Cour suprême (juge Ruth Ronen) jusqu’à la détermination de la procédure de signification. Tout dépend maintenant de la reconnaissance par les tribunaux du statut commercial des actifs et de la validité de la notification.
FAQ
FAQ
Pourquoi tout a-t-il « refait surface » au début de septembre 2025 ?
Parce qu’à la fin août, le délai fixé par le tribunal de district pour la Russie a expiré, et à la date de publication du 03.09.2025, la suspension de la Cour suprême était déjà en vigueur.
Quels sont les objets au centre du litige et pourquoi conviennent-ils ?
L’hôtel Sergei Palace Hotel et le parking HaMa’alot — les deux objets sont commerciaux et ne sont pas des missions diplomatiques, ce qui ouvre une exception à l’immunité.
Que prétend la Russie concernant la procédure ?
Que la signification a été effectuée en violation de la Convention de La Haye, que les traductions sont incomplètes, et qu’un minimum de 60 jours est requis après la transmission complète du dossier.
Que peut décider le tribunal ensuite ?
Trois options : retour au tribunal de district et mesures conservatoires ; nouvelle procédure complète de signification ; compromis avec conditions et temps supplémentaire pour la Russie. Le résultat déterminera le sort de la saisie en Israël.
Conclusion : quel chemin prendra Israël ?
La situation avec le Sergei Palace Hotel et le parking HaMa’alot n’est pas simplement un litige sur deux objets à Jérusalem. C’est un test pour Israël : suivra-t-il la voie du droit international, en exécutant les décisions d’arbitrage et en soutenant un système juridique prévisible, ou donnera-t-il la priorité aux considérations diplomatiques et à la pression politique.
La décision de la Cour suprême montrera si le pays est prêt à défendre le principe de l’État de droit même lorsque cela est douloureux pour les relations avec Moscou. Pour l’Ukraine, c’est l’occasion de prouver que l’agression russe et le vol de biens ne resteront pas impunis. Pour Israël, c’est l’occasion de confirmer que Jérusalem reste un lieu où la loi prévaut sur la peur des puissants.
Source des faits et des dates : publication Calcalist (hébreu), 06:00, 03.09.2025 ; décisions des juges Ilan Sela et Pnina Neuwirth sur la fixation de la date limite « jusqu’à fin août », transmission diplomatique en mai 2025, et suspension temporaire par la juge Ruth Ronen.
