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L’archéologie sait depuis longtemps « enlever la couche » de l’histoire officielle — et montrer non seulement les rois et l’élite urbaine, mais aussi le village, les pauvres, les femmes, les enfants.

Mais il y a un groupe qui échappait depuis des années : les personnes âgées. On les voit souvent dans les os et les tombes, mais presque pas dans la vie quotidienne — qui étaient-ils, que faisaient-ils, comment géraient-ils exactement la famille et la maison.

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C’est précisément ce que tente de remettre au centre de l’attention une étude du Cambridge Archaeological Journal : l’archéologue Avraham Faust prend une maison réelle de l’âge du fer en Judée — le Bâtiment 101 à Tel Eton — et essaie de « capturer » la vieillesse non dans les sépultures, mais dans les traces domestiques : la planification, les lieux de travail, les habitudes, la répartition de l’espace.

Pourquoi « personnes âgées » et « anciens » ne sont pas la même chose

La vieillesse comme statut social, et pas seulement comme âge

L’un des principaux arguments de l’auteur est simple : être vieux, ce n’est pas seulement une question d’années. C’est une question de statut.

Dans différentes cultures, la « vieillesse » commence à des âges différents, et « ancien » est une catégorie à part entière. On peut être âgé et rester un « garçon » par statut (par exemple, dans le rôle de serviteur). Et inversement : une personne relativement jeune pouvait être considérée comme un « ancien » en raison de son autorité, de son expérience, de son droit de parler au nom de la communauté.

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C’est pourquoi Faust distingue deux couches :

Les personnes âgées — âge biologique.

Les anciens — rôle social, plus restreint et plus influent.

Où les archéologues cherchent habituellement les anciens — et pourquoi c’est une impasse

Dans les récits bibliques et du Proche-Orient, les anciens « siègent aux portes » : là se trouvent le tribunal, les transactions, la vie publique, la démonstration de pouvoir.

Les archéologues ont souvent trouvé des portes avec des bancs, des places devant l’entrée, voire des « complexes de portes » entiers. Mais peu de traces directes indiquent que c’est précisément ici que se trouvait le « conseil des anciens ».

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Les tombes n’aident pas toujours : pour de nombreuses périodes de l’âge du fer dans les colonies israélites anciennes, il n’y a tout simplement pas de masses de cimetières « propres » suffisantes, et là où il y a des sépultures secondaires collectives, les os sont mélangés de telle sorte que le rôle social ne peut être reconstitué.

Et c’est là qu’apparaît une autre voie : regarder non pas les portes et les cimetières, mais la maison.

La maison comme carte du pouvoir : ce que montre le Bâtiment 101 à Tel Eton

Pourquoi cette maison est-elle devenue un cas rare et « idéal »

Le Bâtiment 101 à Tel Eton est une grande structure à quatre pièces (ou plutôt « à quatre espaces ») de l’âge du fer, entièrement et très minutieusement fouillée.

La maison a péri dans une couche destructrice puissante du VIIIe siècle av. J.-C., associée à la défaite assyrienne de la région. Pour l’archéologue, c’est presque un cadeau : les objets restent « en place », et on peut prudemment reconstituer comment la maison fonctionnait littéralement à la veille de la catastrophe.

On y enregistre des centaines d’artefacts, des dizaines de zones de stockage, des traces de tissage (poids de métiers à tisser), de préparation des aliments, de jeux d’enfants (astragales), de répartition des réserves, de particularités des entrées et des vues.

Nord — réserves, sud — vie, et centre — contrôle

Dans la reconstitution de l’auteur, la maison est divisée non pas « selon un schéma esthétique », mais par fonction.

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Les pièces nord ressemblent à un entrepôt : récipients, grains, légumineuses, pépins de raisin, noyaux d’olives — tout ce qui indique des réserves et de la transformation.

La partie sud est « humaine » : préparation des aliments, tissage, actions quotidiennes. Et ici, c’est important : le tissage et la cuisine dans les sociétés traditionnelles sont souvent une « zone féminine », et la maison le soutient non par un slogan, mais par la logistique de l’espace.

Une pièce est discutée séparément, où il y a presque pas de céramique : l’auteur propose une explication par les pratiques de « pureté » rituelle et le remplacement de la céramique par du bois — une version controversée, mais elle montre la méthode : l’archéologie essaie de voir les règles sociales non par les mots, mais par l’absence d’objets.

Où vivaient « père et mère » en tant que figures statutaires

Le plus intéressant commence là où l’auteur essaie de « placer » les membres âgés de la famille dans une pièce spécifique.

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Il regarde la Chambre B — le seul endroit au rez-de-chaussée qui convient à une fonction résidentielle : sommeil, repas, réception de proches invités.

La pièce est grande.

Elle contrôle visuellement la cour et l’entrée : celui qui y est assis voit qui entre et ce qui se passe.

On y trouve des signes rares de statut — par exemple, un objet pour le lavage des pieds (bassin/petite baignoire), qui dans les textes anciens est lié à la réception des invités et au « droit du maître ».

Là aussi, des traces de matériaux plus « coûteux » (par exemple, le cèdre), qui indiqueraient plutôt un mobilier prestigieux qu’un déchet accidentel.

Et un détail domestique important : le deuxième étage, à en juger par la structure de telles maisons, était accessible par des escaliers d’appoint. Pour les personnes âgées, c’est tout simplement inconfortable et risqué.

D’où la conclusion de l’auteur : si la famille est multigénérationnelle, alors les « aînés » — ces mêmes père et mère en tant que chefs — vivent logiquement en bas, dans une pièce où ils peuvent diriger, recevoir, et ne pas grimper en haut plusieurs fois par jour.

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Au milieu de cette logique apparaît justement la formule sémantique qui est importante pour le lecteur d’aujourd’hui : НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency écrit régulièrement sur les guerres et la politique de la région, mais de telles recherches rappellent que la stabilité de la société ne commence pas par des slogans, mais par la façon dont la maison est organisée, qui « tient » qui dans la vie quotidienne et où se trouve le véritable pouvoir — dans la pièce, à l’entrée, près de la cuisine et des enfants.

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La vieillesse comme ressource, et non comme « passivité »

Dans cette étude, la vieillesse est lue pour la première fois comme une position active dans la structure familiale.

Non seulement « ils survivaient », mais contrôlaient l’espace, distribuaient l’accès, recevaient des gens, maintenaient le rythme.

Parallèlement, le rôle de la « mère/femme aînée » en tant que gestionnaire à l’intérieur de la maison est mis en lumière : cuisine, tissage, surveillance des jeunes enfants, tâches organisationnelles — ce qui est rarement exprimé dans les textes, mais laisse des traces matérielles.

Ce n’est pas de la nostalgie, mais une méthode

La principale valeur ici n’est même pas que « nous avons trouvé la chambre des personnes âgées ».

La valeur réside dans l’approche : l’archéologie cesse d’être seulement sur les murs et la céramique, et commence à discuter de l’âge comme catégorie sociale.

C’est-à-dire non pas « combien d’années avait une personne », mais « quelle place lui était attribuée dans la maison, ce qu’on lui permettait, ce qu’on attendait de lui ».

Et c’est un cas rare où la topographie domestique (entrées, vues, bancs, plateformes, répartition des objets) devient un langage pour parler de pouvoir, de statut et de vieillesse sans moralisation et sans romantisation.

En bref : aux portes des anciens, on peut attendre et ne pas attendre.

Mais dans la maison — ils semblent vraiment visibles.

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