Alors que l’Iran et les États-Unis, par l’intermédiaire d’Oman, déclarent être prêts à poursuivre les négociations sur le programme nucléaire, la Russie mène ses propres consultations à Téhéran. Formellement — sur l’énergie. En fait — sur l’ancrage stratégique dans le secteur atomique et pétrolier iranien.
La visite du ministre russe de l’Énergie, Sergueï Tsivilev, dans la capitale iranienne a été accompagnée de déclarations sur de « bonnes nouvelles ». Moscou travaille activement à la construction des deuxième et troisième unités de la centrale nucléaire de Bouchehr. Selon lui, l’équipement est déjà commandé et en cours de production.
La centrale nucléaire de Bouchehr et les projets pétroliers : énergie ou politique
Nouvelles unités et anciennes dépendances
La centrale nucléaire de Bouchehr est le seul site atomique opérationnel en Iran, construit avec la participation de la Russie. L’extension de la centrale signifie un approfondissement de la dépendance technologique de Téhéran vis-à-vis de Moscou.
Parallèlement, les entreprises russes sont impliquées dans le développement de sept gisements pétroliers iraniens. Quatre mémorandums de coopération dans le domaine énergétique ont été signés.
Formellement, il s’agit d’énergie atomique civile et de partenariat économique. Mais dans le contexte des sanctions et des restrictions internationales, de tels projets acquièrent inévitablement une dimension géopolitique.
Soutien au programme nucléaire — « dans le cadre d’objectifs civils »
Moscou souligne que la coopération concerne exclusivement l’atome pacifique. Cependant, l’expansion de l’infrastructure atomique renforce le potentiel technique d’un pays sous l’attention constante de l’AIEA et des services de renseignement occidentaux.
Le soutien à Téhéran dans le contexte des négociations en cours avec les États-Unis apparaît comme un signal : la Russie n’a pas l’intention de rester à l’écart de la future architecture de l’accord nucléaire.
Uranium, stockage et rôle de la Russie dans le futur accord
Un élément distinct de la discussion est le sort de l’uranium enrichi iranien. Il a été précédemment rapporté que dans le cadre d’un éventuel accord avec les États-Unis, une partie du matériel nucléaire pourrait être stockée sur le territoire russe.
Téhéran rejette publiquement ce schéma, le qualifiant de violation de la souveraineté. Cependant, selon The Wall Street Journal, lors des consultations à Oman, la partie iranienne a laissé entendre qu’elle était prête à envisager cette option comme un compromis.
Si la Russie devient le gardien du matériel nucléaire iranien, cela la consolidera automatiquement comme un participant obligatoire à toute négociation future. Une telle démarche transforme Moscou en garant, et non simplement en observateur du processus.
Calcul géopolitique et position de l’Occident
Pour la Russie, participer à la configuration nucléaire autour de l’Iran est un moyen de retrouver son influence diplomatique au Moyen-Orient. C’est aussi un outil de pression dans un contexte plus large des relations avec l’Occident.
Alors que les États-Unis et l’Iran discutent, par l’intermédiaire d’Oman, des « principes directeurs » d’un éventuel accord, Moscou renforce sa présence à Téhéran par des contrats énergétiques à long terme.
Dans ce contexte, НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency notent : si la Russie obtient le statut de gardien de l’uranium iranien et construit simultanément de nouvelles unités à Bouchehr, elle devient en fait une partie structurelle de l’accord futur.
Pour Israël, cette configuration a une signification directe. Le renforcement de l’infrastructure atomique de l’Iran et l’implication de la Russie dans le cycle nucléaire modifient l’équilibre de la sécurité régionale.
Les négociations à Oman peuvent se poursuivre. Mais les négociations parallèles à Téhéran forment déjà une réalité alternative, où Moscou consolide sa place à la table avant que le document ne soit signé.
L’Occident discute encore des paramètres d’un éventuel accord. La Russie — pose l’infrastructure pour son avenir.