En Iran, une coupure de communication à grande échelle se poursuit — l’internet et les communications téléphoniques internationales restent inaccessibles pour le cinquième jour consécutif. Les restrictions ont été mises en place dans le contexte de manifestations massives qui ont commencé fin décembre 2025 et ont touché presque tout le territoire du pays.
Les premiers dysfonctionnements ont été signalés par les utilisateurs le soir du 8 janvier. À Téhéran et dans plusieurs grandes villes, la connexion a commencé à « tomber » par vagues, puis a presque complètement disparu. Le même jour, l’organisation de surveillance NetBlocks a signalé un blocage national du réseau. Au moment de la préparation de ce rapport, la coupure dure environ 120 heures.
Les autorités ne formulent pas directement les raisons de la coupure. Cependant, le contexte est évident : les manifestations, qui ont éclaté le 28 décembre, ont commencé par des revendications économiques. Une inflation élevée et une chute brutale de la monnaie nationale dans le contexte du retour des sanctions de l’ONU ont rapidement poussé les gens dans la rue. Dès les premiers jours, les manifestations ont pris un caractère politique.
L’ampleur des restrictions est sans précédent. Selon les experts, le niveau d’accès à internet est tombé à environ 1 % des valeurs normales. Des mesures similaires ont été appliquées en 2019 et 2022, mais la coupure actuelle s’est avérée plus profonde et plus longue. Plusieurs outils sont utilisés simultanément : intervention dans le routage du trafic, blocage sélectif des VPN et coupure complète des canaux internationaux.
Dans ce contexte, les Iraniens tentent de maintenir le contact avec le monde extérieur via des terminaux illégaux Starlink. Selon diverses estimations, entre 50 000 et 100 000 de ces appareils, introduits en contrebande, pourraient se trouver dans le pays. Pour de nombreux utilisateurs, c’est le seul moyen de se connecter au réseau.
Les autorités considèrent l’utilisation de terminaux satellites comme un crime. En 2025, une décision a été prise, assimilant l’achat et l’exploitation de ces appareils à de l’espionnage — avec une peine possible allant jusqu’à 10 ans de prison. Parallèlement, des rapports apparaissent sur des tentatives de brouillage du signal satellite.
Les conséquences économiques de la coupure se font de plus en plus sentir. Les petites entreprises perdent l’accès aux paiements en ligne, à la logistique et aux communications. Cette information parvient par les Iraniens à l’étranger, qui maintiennent le contact avec leurs proches et collègues à l’intérieur du pays.
Le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Abbas Araghchi, a déclaré que la restauration de l’internet pourrait avoir lieu prochainement. Cependant, les experts restent prudents face à ces propos : l’expérience précédente montre que même après un retour formel de la connexion, elle peut rester fortement filtrée et limitée.
Même si l’internet est rétabli, il deviendra probablement une partie du modèle de « réseau souverain » sous le contrôle total de l’État. Dans ce contexte, la question dépasse le cadre technologique — il s’agit de l’avenir de l’accès à l’information et de la liberté d’expression. Ce sont précisément ces processus et leurs conséquences régionales pour le Moyen-Orient que NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency suit, enregistrant comment l’isolement numérique devient un outil de pression politique.