Le président syrien Ahmed al-Sharaa est arrivé à Moscou. L’avion du leader syrien a atterri à l’aéroport de Vnoukovo. La visite se déroule sans faste extérieur, mais à un moment qui la rend politiquement significative.
Le thème clé des négociations est l’avenir de la présence militaire russe en Syrie. Au centre de l’ordre du jour des rencontres entre al-Sharaa et Poutine se trouvent le statut des bases russes, leur rôle futur et la place de Moscou dans la configuration changeante de l’influence sur le territoire syrien.
Les négociations entre les délégations sont prévues sous la forme d’un petit-déjeuner de travail. Une conversation personnelle entre al-Sharaa et Poutine est attendue séparément, sans composition élargie. Ce format souligne la sensibilité des questions et l’absence de formules publiques prêtes à l’emploi.
C’est déjà la deuxième visite d’al-Sharaa à Moscou en peu de temps. La première a eu lieu en octobre. Une répétition aussi rapide indique une accélération des processus et la nécessité d’un ajustement urgent des accords précédents.
La visite se déroule dans le contexte de rapports sur le retrait des forces russes de l’aérodrome de Qamichli dans le nord-est de la Syrie, ainsi que dans le contexte de la redistribution des zones de contrôle après l’offensive de l’armée syrienne sur les positions des Forces démocratiques syriennes (FDS).
Les militaires russes étaient présents à Qamichli depuis 2019 — après l’opération d’Ankara et des formations pro-turques contre les forces kurdes. À l’époque, l’une des conditions du cessez-le-feu était le patrouillage par la police militaire russe de la ligne de démarcation entre les formations kurdes et pro-turques.
Actuellement, ce schéma a pratiquement perdu de sa pertinence. Après le changement de pouvoir en Syrie et l’offensive de janvier de l’armée syrienne — en fait des mêmes forces pro-turques — les Kurdes ont été chassés des territoires qu’ils contrôlaient depuis plus de dix ans. Dans ces conditions, la nécessité pratique de la présence russe à Qamichli a disparu.
Cette semaine, l’agence Reuters, s’appuyant sur des sources ouvertes, a rapporté que le retrait des militaires russes de Qamichli avait déjà commencé. Sans déclarations officielles, mais avec des conséquences stratégiques évidentes.
La visite répétée d’al-Sharaa à Moscou n’est pas une démonstration d’une alliance spéciale, mais une tentative de fixer de nouvelles réalités. Pour Poutine, la direction syrienne ressemble de moins en moins à un champ d’expansion de l’influence et de plus en plus à une zone de retrait contrôlé des engagements.
Pour Damas, ces négociations sont un moyen de comprendre dans quelle mesure les bases russes restent un instrument d’influence et de sécurité, et où Moscou est prête à se retirer, en cédant l’initiative aux acteurs régionaux, principalement Ankara.
Le nord-est de la Syrie entre dans une phase de redistribution du contrôle, et le rôle de la Russie dans cette configuration se réduit considérablement. Moscou cesse d’être un médiateur obligatoire et devient l’un des participants au processus, contraint de s’adapter aux nouveaux équilibres.
C’est pourquoi la visite d’al-Sharaa à Poutine se déroule dans un format restreint, de travail et sans déclarations retentissantes. Ce n’est pas une discussion sur une future alliance, mais sur la fixation d’une structure en déclin — et une tentative d’en sortir sans rupture brutale. Nouvelles — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency
