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Les manifestations antigouvernementales en Iran prennent de l’ampleur et dépassent les habituelles flambées de mécontentement. Il ne s’agit plus de manifestations ponctuelles, mais d’une crise systémique de confiance envers la République islamique, à laquelle le clergé est confronté pour la première fois depuis de nombreuses années sous une forme aussi aiguë.

Les manifestations, qui ont commencé à Téhéran, ont rapidement couvert les 31 provinces du pays. Par leur dynamique, elles diffèrent des troubles après la mort de Mahsa Amini : les manifestations actuelles sont moins symboliques, mais bien plus motivées socialement et économiquement.

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Qui descend dans la rue et pourquoi

Si auparavant les femmes et les jeunes jouaient un rôle clé dans les manifestations, les principaux participants sont maintenant de jeunes hommes. Leurs revendications sont directement liées à l’effondrement économique : dévaluation des revenus, chômage, hausse des prix et absence de perspectives.

Selon les données de Human Rights Activists News Agency, lors des dernières vagues de troubles, 34 manifestants et 4 membres des forces de sécurité ont été tués, environ 2200 personnes ont été arrêtées. Ces chiffres reflètent non seulement la sévérité de la répression, mais aussi l’ampleur de la déception, y compris au sein de la communauté chiite — le soutien social traditionnel du régime.

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Internet, exil et perte de contrôle

Jeudi, les autorités ont coupé Internet — une mesure qui en Iran est depuis longtemps un marqueur de la gravité de la situation. Cela a coïncidé avec les appels publics à manifester de la part de Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran.

L’expert de l’Institut du Moyen-Orient Middle East Institute, Alex Vatanka, souligne : la chute ne concerne pas seulement le taux de change du rial. C’est la confiance même envers l’État qui est menacée, et la restaurer par des mesures économiques est désormais impossible.

L’idéologie ne fonctionne plus

Près de la moitié de la population iranienne est composée de jeunes, ayant grandi après la révolution de 1979. Pour cette génération, les slogans révolutionnaires ont perdu leur sens. D’anciens responsables du camp réformiste admettent ouvertement : la base idéologique de la République islamique ne mobilise plus et ne convainc plus.

Le hijab, autrefois perçu comme une partie intégrante de l’ordre public, est maintenant respecté de manière sélective. De plus en plus de femmes refusent ostensiblement de le porter, transformant leur comportement quotidien en une forme de protestation silencieuse.

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La politique étrangère comme irritant

Lors des rassemblements, on entend de plus en plus de slogans contre le soutien de Téhéran aux groupes armés à l’extérieur du pays. Pour les manifestants, c’est une preuve directe de priorités déformées : les ressources sont consacrées à des conflits extérieurs, alors qu’à l’intérieur du pays, les problèmes économiques et sociaux s’accumulent.

Ce changement est particulièrement douloureux pour le clergé, car il sape le récit des « ennemis extérieurs » comme justification des privations internes.

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Le régime à son maximum, mais pas au bord de l’effondrement

Selon l’évaluation de Vatanka, le système clérical iranien a atteint la limite de sa stratégie — une combinaison de répression et de concessions limitées. L’espace de manœuvre se réduit, mais cela ne garantit pas une chute automatique du régime.

Le guide suprême Ali Khamenei traverse l’une des périodes les plus difficiles de son règne. Sa politique de longue date — parier sur les alliances régionales et le programme nucléaire — est aujourd’hui soumise à une pression interne et externe simultanée.

L’affaiblissement des positions de l’Iran dans la région, notamment en raison des frappes israéliennes contre ses alliés, renforce la nervosité au sein des élites. Pendant ce temps, la société iranienne est divisée : une partie craint une intervention étrangère, une autre estime que le moment du changement est proche.

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Point d’incertitude

L’Iran se trouve à la croisée de crises économiques, climatiques, sociales et politiques. La marge de manœuvre du régime n’est pas encore épuisée, mais les anciens mécanismes de contrôle échouent de plus en plus.

La question aujourd’hui n’est pas de savoir « si des changements vont commencer », mais à quel prix le régime tentera de les retarder — et s’il pourra se maintenir dans des conditions où la légitimité est sapée non par les slogans de l’opposition, mais par la réalité quotidienne de millions de citoyens. C’est dans ce contexte que la situation est évaluée par NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency.

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