L’histoire de «l’attaque sournoise du régime de Kiev contre la résidence de Poutine» est importante non pas pour ses détails, mais pour la question qui se cache derrière. Donald Trump va-t-il mordre à l’hameçon ? Tout le reste n’est que bruit destiné à la consommation interne.
Pour comprendre l’ampleur de l’absurde, il n’est pas nécessaire d’être président des États-Unis ou expert militaire. Une logique élémentaire suffit. La version russe suppose qu’au moment où les drones ukrainiens se trouvaient prétendument au-dessus de la région de Briansk, les militaires russes savaient déjà avec certitude que la cible finale était Valdaï.
Une question simple se pose. Depuis quand la Russie a-t-elle appris à «lire» en temps réel les missions de vol des drones étrangers ?
Si c’est vrai, il s’agit d’une percée technologique à l’échelle planétaire. Ce n’est plus simplement une guerre électronique, mais une découverte du niveau de «l’invention de la roue» ou de la «poudre à canon». Une nouvelle physique, de nouvelles lois, de nouvelles possibilités. Mais pour une raison quelconque, il n’y a aucune confirmation, à part les déclarations des propagandistes.
Certains commentateurs ont trouvé une «explication» qu’ils considèrent eux-mêmes logique. Les drones volent en ligne droite, disent-ils. Prenons une règle, traçons une ligne — et la voilà, elle passe soigneusement par Valdaï. Certes, en chemin, il y a encore les régions de Smolensk et de Tver, où il y a plus qu’assez de cibles. Mais qui se soucie de ces détails quand il s’agit de «terrorisme d’État» et de «tentative» ?
Le détail selon lequel les drones ne volent pas en ligne droite est superflu dans ce tableau du monde. Tout comme les nuances techniques. Elles ne font qu’entraver la belle version.
Les chiffres ne correspondent pas.
Le timing ne correspond pas.
Même les faits de base ne correspondent pas.
Mais cela, comme on dit, n’est pas l’essentiel. De telles choses ne sont plus prises en compte dans la propagande russe depuis longtemps. Il est également symptomatique de voir à qui on a confié la tâche de raconter cette histoire. Sergueï Lavrov intervient de plus en plus souvent non pas comme ministre des Affaires étrangères, mais comme un substitut au service de presse du ministère de la Défense — avec le même ensemble de thèses et le même niveau de crédibilité.
En réalité, la question «pourquoi tout cela» ne nécessite même pas de réponse. Elle est évidente. Il faut faire échouer toute négociation et inventer un prétexte formel pour continuer la guerre, en la présentant comme une mesure «forcée» et «légitime».
C’est pourquoi le point clé n’est ni Valdaï, ni les drones, ni même une nouvelle portion d’absurde. La question principale reste la même : Trump y croira-t-il — ou du moins fera-t-il semblant d’y croire ?
La manière dont les falsifications d’information se transforment en outil de grande politique et en tentative de gérer les décisions extérieures est suivie de près par NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency.