L’année 2025 est entrée dans l’histoire comme l’année où les conflits ont cessé d’être régionaux et ont commencé à se fondre en une chaîne unique d’instabilité. Les affrontements entre la Thaïlande et le Cambodge, l’escalade entre l’Inde et le Pakistan — deux puissances nucléaires, la confrontation directe entre Israël et l’Iran, la fin de la guerre à Gaza sans règlement définitif, la guerre en Ukraine dans l’impasse, les coups d’État militaires en Afrique de l’Ouest, les massacres de masse au Soudan et au Congo — tout cela ne semblait pas être des exceptions. Cela est devenu un système.
Dans ce contexte, l’Europe et d’autres régions du monde ont commencé à accélérer le renforcement de leurs capacités militaires — à un rythme qui n’avait pas été vu depuis des décennies. La Russie agit de manière de plus en plus audacieuse, la Chine de plus en plus assertive, et les États-Unis concentrent des forces significatives dans les Caraïbes. L’ensemble de ces processus forme un tableau extrêmement tendu pour l’année 2026.
Ci-dessous — les points clés de risque où l’année prochaine pourrait être décisive.
La zone la plus explosive : Chine, Taïwan et Extrême-Orient
Les analystes occidentaux appellent de plus en plus l’année 2027 la date limite non officielle d’un possible conflit autour de Taïwan. Le président de la RPC, Xi Jinping, qui a concentré un pouvoir sans précédent entre ses mains, a ouvertement fixé l’objectif de préparer l’Armée populaire de libération à un scénario de force.
Depuis 1949, Taïwan existe de facto comme un État indépendant, mais Pékin continue de le considérer comme une province rebelle. Au début de 2026, la tension augmente sensiblement : les exercices militaires chinois simulent de plus en plus des scénarios de blocus et d’encerclement de l’île.
Le Japon, auparavant extrêmement prudent dans ses formulations, a commencé à suggérer publiquement une possible participation à la défense de Taïwan. Ces déclarations se font entendre dans un contexte de rhétorique de plus en plus agressive de Pékin et augmentent l’inquiétude dans la région.
Le détroit de Taïwan joue un rôle particulier — une artère par laquelle transite environ la moitié du trafic maritime mondial. Tout incident ici pourrait déclencher une réaction en chaîne affectant la Corée, les Philippines, le Japon et toute la région du Pacifique. Dans le contexte de la concentration des forces américaines dans les Caraïbes, Pékin pourrait décider de tester les limites de l’incertitude stratégique de Washington.
Affaiblissement de « l’axe chiite » : Moyen-Orient
Le Moyen-Orient est traditionnellement perçu comme une région où l’escalade semble souvent contrôlée. En 2026, cette impression pourrait s’avérer trompeuse.
L’Iran, le Hamas et les Houthis entrent dans l’année avec des positions affaiblies. Un certain nombre de figures clés du camp pro-iranien ont été éliminées. L’élimination de leaders tels que Hassan Nasrallah a sapé les anciens mécanismes de coordination. Les nouveaux commandants n’ont pas pu rétablir le niveau précédent de dissuasion.
Cela a conduit à la destruction de tabous tacites. De plus en plus de voix à Beyrouth et Aden envisagent des négociations avec Jérusalem. Le simple fait de telles déclarations semblait impossible il y a quelques années.
Au Yémen, la situation prend un caractère paradoxal. Les forces séparatistes se renforcent et cherchent à renverser les Houthis, mais l’Arabie saoudite — leur ancien adversaire — menace de frapper les séparatistes s’ils ne reconnaissent pas l’autorité du gouvernement en exil à Sanaa.
En Syrie, la tension monte autour de la politique du gouvernement d’Ahmad al-Sharaa, qui promeut une centralisation stricte et une législation sunnite. Trois acteurs clés s’y opposent : le leader druze Hikmat al-Hijri, le cheikh alaouite Ghazal Ghazal et le général kurde Mazloum Abdi, qui exige la reconnaissance officielle de l’autonomie kurde. Le refus de Damas de faire des compromis pourrait ouvrir plusieurs fronts simultanément.
Europe et Russie : la guerre est déjà proche
Le 28 février 2025 est devenu une date symbolique pour les relations transatlantiques. Après un conflit public à la Maison Blanche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été pratiquement mis à la porte. Le signal était on ne peut plus clair : l’engagement américain n’est pas garanti.
La nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis a montré un revirement massif par rapport au modèle qui définissait la sécurité européenne après la Seconde Guerre mondiale et surtout après la dissolution de l’URSS.
Les tentatives d’arrêter la guerre en Ukraine piétinent, malgré la rhétorique optimiste du président américain. En Europe, on discute de plus en plus d’un scénario de conflit direct avec la Russie. La réponse a été un réarmement à une échelle inédite depuis la guerre froide.
Au sommet de l’OTAN à La Haye, les pays ont convenu de porter les dépenses militaires à 5 % du PIB d’ici 2035. La Commission européenne a présenté un plan de réarmement de 800 milliards d’euros. L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont annoncé de nouvelles vagues de conscription.
En fait, le conflit est déjà en cours. Les drones perturbent le trafic aérien au-dessus de l’Europe, des sabotages sont signalés sur les chemins de fer en Pologne, la guerre hybride attribuée au Kremlin atteint son apogée. La question des provocations dans les pays baltes se fait de plus en plus entendre.
Le secrétaire général de l’OTAN a fixé l’année 2029 comme objectif de pleine préparation. Mais c’est précisément l’année 2026 qui pourrait être celle où la trajectoire deviendra irréversible.
Afrique : coups d’État et montée du djihad
En Afrique de l’Ouest, l’année 2026 pourrait être décisive. La région s’enfonce de plus en plus dans la confrontation entre les États et les groupes islamistes, opérant à travers les frontières et brouillant la souveraineté.
La région se divise. Les pays de la CEDEAO se tournent vers l’Ouest. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ayant subi des coups d’État militaires, forment un bloc alternatif avec une orientation claire vers la Russie et la Chine.
Au Mali, la situation est proche du critique. Le groupe « Jamaat Nusrat al-Islam », lié à Al-Qaïda, s’est rapproché de Bamako. Il existe un risque réel de perte de la capitale. Les mêmes forces sont actives au Niger et au Burkina Faso. En réponse, les trois pays ont annoncé la création des « Forces régionales du Sahel ».
En Afrique centrale, le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo ne s’apaise pas. Les militants du M23, soutenus par le Rwanda, continuent de s’emparer de territoires, menaçant la stabilité de toute la région.
Caraïbes et Amérique latine : retour de la Doctrine Monroe
« Le Venezuela est entouré de la plus grande flotte de l’histoire de l’Amérique du Sud », a écrit Donald Trump. Et ce n’était pas une exagération. La présence militaire américaine dans la région continue de croître, et les conséquences de cette démarche sont difficiles à prévoir.
Sous le slogan « L’Amérique d’abord », l’administration Trump agit activement au-delà des États-Unis, tout en prétendant au prix Nobel de la paix. L’hémisphère occidental devient une zone d’attention particulière.
De la Groenland aux Caraïbes, de la pression sur le Venezuela au soutien des leaders conservateurs en Amérique latine — tout cela ressemble à une réanimation de la Doctrine Monroe vieille de deux cents ans.
Le principal objectif — le régime de Nicolás Maduro et le trafic de drogue. Les saisies de pétroliers, les opérations maritimes, les tentatives de déclarer le régime comme une organisation terroriste étrangère — la pression s’intensifie. L’administration espère clairement une scission au sein des élites de Caracas.
Cependant, on ne peut exclure une utilisation plus directe de la force. Et la question reste ouverte : cela se limitera-t-il au Venezuela ? Les élections de mi-mandat aux États-Unis en novembre pourraient déclencher une expansion des opérations, y compris en Colombie et au Mexique — des pays influençant directement la sécurité intérieure des États-Unis.
L’année 2026 commence sans illusions. Le monde entre dans une phase où les conflits locaux deviennent de plus en plus des éléments d’une confrontation globale. Comprendre ces processus n’est pas une question de théorie, mais de survie, et c’est précisément à cela que НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency consacre son attention.
